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Plainte de Virapoullé contre la mairie de Saint-André : bons d'achat, vélos et travaux visés

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Plainte de Virapoullé contre la mairie de Saint-André : bons d'achat, vélos et travaux visés

Saint-André : bons d'achat, revalorisations, travaux… Après Joé Bédier, la plainte de Laurent Virapoullé passée au crible - Crédit Zinfos974 - Politique


Laurent Virapoullé a déposé le 23 avril 2026 une plainte contre X auprès du parquet de Saint-Denis, sollicitant l'ouverture d'une enquête sur des faits qu'il estime susceptibles de constituer des infractions d'obtention de suffrages par dons ou promesses, de détournement de fonds publics et de recel. Cette procédure pénale vient s'ajouter aux recours en annulation de l'élection municipale de Saint-André, actuellement examinés par le tribunal administratif.

La plainte cible plusieurs décisions prises par la municipalité dans les mois précédant le scrutin. Elle met en cause la revalorisation des indemnités de 123 agents municipaux, décidée six mois avant les élections, sans consultation du comité social territorial, sans délibération du conseil municipal et sans critères d'attribution définis, selon l'ex-candidat. Sont également visés l'augmentation de la participation communale aux titres-restaurant, entrée en vigueur au 1er janvier 2026, et le recrutement de 17 nouveaux agents en janvier 2026, deux mois avant le vote.

Sur le terrain des travaux, Laurent Virapoullé recense 24 chantiers de voirie exécutés entre octobre et décembre 2025 pour un montant total de plus de 2,45 millions d'euros. La plainte soutient que ces opérations ont été valorisées via des flyers, des vidéos et des publications hebdomadaires sur les réseaux sociaux, sur instruction directe du cabinet. Elle évoque aussi la réfection d'un chemin privé réalisée entre les deux tours, alors que les riverains la réclamaient depuis près de 26 ans. L'ex-candidat juge le calendrier « particulièrement troublant » ; son avocat fait valoir que la remise en état d'une voie privée aurait normalement dû incomber aux propriétaires.

L'un des volets les plus développés porte sur un système de bons d'achat utilisables dans un supermarché de Sainte-Suzanne, distribués selon la plainte par le Centre communal d'action sociale. Laurent Virapoullé s'appuie sur une note de service interne affichée dans le magasin quelques jours après les élections, annonçant la suspension temporaire de l'acceptation de ces bons. Il qualifie ce calendrier de « particulièrement troublant » et avance plusieurs hypothèses : distribution exceptionnellement importante avant le scrutin, dépassement du plafond du compte communal ou difficultés de règlement. Il demande que l'enquête établisse le nombre de bénéficiaires, les critères d'attribution et l'évolution des montants par rapport aux années précédentes.

La question des vélos-cargos traverse l'ensemble de la procédure. La plainte s'appuie sur le témoignage d'un électeur du quartier de Fayard affirmant avoir reçu un vélo cargo d'une association locale en échange d'un engagement à voter pour Joé Bédier aux deux tours. Laurent Virapoullé affirme que d'autres personnes seraient prêtes à témoigner. Ces distributions s'inscrivaient, selon les informations recueillies, dans un dispositif national de certificats d'économies d'énergie, abrogé par l'État à l'automne 2025 après la révélation de fraudes à l'échelle nationale. Dans son propre signalement, Joé Bédier soutient à l'inverse que des vélos-cargos auraient été proposés par son adversaire pour obtenir des suffrages — ce que réfutent les deux ex-candidats.

La plainte vise enfin deux publications diffusées sur Facebook par un collaborateur du maire durant l'entre-deux-tours. La première, du 19 mars, aurait recueilli 59 mentions « J'aime », soit davantage que les 34 voix ayant départagé les deux candidats au second tour. La seconde, publiée le 21 mars, est une vidéo générée par intelligence artificielle représentant Laurent Virapoullé et son frère sur un vélo cargo, avec une voix de synthèse leur prêtant des propos laissant entendre qu'ils considéreraient « le coffre de Saint-André » comme leur héritage familial. Cette vidéo aurait obtenu 510 mentions « J'aime » et 54 commentaires, constatés par commissaire de justice. L'ex-candidat, qui relève que ce collaborateur est rémunéré par la mairie, qualifie ces publications de « mensongères et diffamatoires » et se réserve le droit d'engager une procédure distincte pour diffamation publique.

Le cabinet de Joé Bédier a transmis un droit de réponse. Il y affirme avoir « mené une campagne propre, dans le respect des règles » et indique que la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques a validé les comptes de campagne sans retenir les accusations. « Cette plainte traduit surtout une méconnaissance du fonctionnement d'une collectivité territoriale », écrit le cabinet, qui présente les revalorisations, recrutements et travaux comme des « décisions de gestion, préparées de longue date, encadrées par des règles précises ». « Une accusation ne constitue pas une preuve », conclut le texte, qui annonce faire confiance à l'autorité judiciaire pour établir les faits.

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4 commentaires

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K
KékéSurf 31/07/2026 à 08:18

Les vélos-cargo distribués contre des votes, c'est quoi ce truc. Un dispositif national abrogé pour fraudes et on retrouve ça dans les quartiers de Saint-André, c'est pas clean du tout.

Y
Yannick P 31/07/2026 à 08:14

34 voix d'écart au second tour. C'est moins qu'un conteneur mal manifesté pour faire capoter un dossier. La vidéo IA avec la voix de synthèse à 510 likes pendant l'entre-deux-tours, franchement ça ressemble à une opération montée proprement, pas à un post d'amateur.

P
Polo 31/07/2026 à 08:09

Les bons d'achat dans un supermarché de Sainte-Suzanne, c'est ce qui me choque le plus dans cet article. La note affichée en magasin après les élections pour suspendre l'acceptation, ça lé pa fasil à expliquer. Dans mon commerce j'ai pas de CCAS pour renflouer ma caisse, moi.

T
Tonton Bébert 31/07/2026 à 08:02

Revaloriser 123 agents sans passer par le comité social territorial, c'est exactement le genre de pratique qui salit toutes les vraies luttes pour les salaires. Les syndicats se battent depuis des années pour arracher des points d'indice et là une mairie distribue des augmentations sans cadre, sans critères, à trois mois d'une élection. Si c'est pas de la récupération électorale sur le dos des agents, on appelle ça comment ?