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Municipales à Saint-André : Bédier signale Virapoullé au parquet

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Municipales à Saint-André : Bédier signale Virapoullé au parquet

Saint-André : que contient la plainte déposée par Joé Bédier contre Laurent Virapoullé ? - Crédit Zinfos974 - Politique


Joé Bédier a transmis au parquet un signalement au titre de l'article 40 du Code de procédure pénale visant Laurent Virapoullé, son adversaire lors des élections municipales de Saint-André des 15 et 22 mars 2026. Le maire de Saint-André l'a confirmé lors d'une conférence de presse dédiée à la validation de ses comptes de campagne. Rédigé par son avocat Me Robin Binsard, le document demande au procureur d'ouvrir une enquête sur plusieurs faits survenus pendant la campagne.

Le premier volet concerne une tentative présumée d'achat de voix. Le courrier s'appuie sur une sommation interpellative réalisée par huissier : un électeur affirme qu'on lui a proposé de l'argent, une promesse d'embauche et une rémunération comprise « entre 2 000 et 6 000 euros » en échange de votes en faveur de Laurent Virapoullé. Ces faits sont présentés comme susceptibles de relever de la tentative de corruption active et de l'article L.106 du Code électoral. Un second témoignage évoque la remise de vélos cargo et de bons d'essence assortis d'incitations à voter pour le candidat.

Le signalement reproche également à Laurent Virapoullé l'utilisation d'écrans géants lumineux et animés diffusant des messages de campagne depuis le centre-ville, ainsi que des affiches en vitrine de sa permanence électorale — en violation, selon l'avocat, de l'article L.51 du Code électoral. Un défilé organisé 48 heures avant le premier tour, décrit comme un cortège de militants avec drapeaux, pancartes et véhicules sonorisés, est aussi visé pour absence de déclaration préalable au regard du Code de la sécurité intérieure.

Troisième point : les réunions publiques. Le document décrit des événements rassemblant jusqu'à 3 000 personnes, avec distributions de nourriture, présence d'artistes connus et diverses animations. L'avocat estime que ces prestations pourraient constituer des dons en nature destinés à influencer les électeurs. Le signalement demande à la justice de vérifier l'origine des financements engagés — notamment pour des drones, des écrans LED, des animations 3D et des lieux de réception — et leur inscription dans les comptes de campagne, rappelant que des irrégularités pourraient entraîner l'inéligibilité du candidat.

Interrogé par le média Freedom, Laurent Virapoullé affirme que « plus de 90 % des griefs » du signalement figuraient déjà dans le dossier soumis à la commission des comptes de campagne (CNCCFP), qui a validé son compte sans retenir aucun grief, comme elle l'a fait pour celui de Joé Bédier. Sur les accusations d'achat de voix, il est direct : « Un mensonge dit devant un huissier ne se transforme pas pour autant en vérité. » Il voit dans la démarche une tentative de l'écarter en cas d'annulation du scrutin : « Joé Bédier veut m'éliminer de la scène politique car il sait très bien que si l'élection municipale de mars dernier est annulée, son pois lé au feu. Mon équipe est prête, rassemblée et unie. Joé Bédier craint le combat. »

Laurent Virapoullé soulève par ailleurs une question sur le financement de la procédure. Le courrier est signé par Me Robin Binsard « en qualité de conseil de la commune de Saint-André » et porte la référence « Commune de Saint-André / Laurent Virapoullé ». Selon lui, si la commune prenait en charge ces honoraires, cela pourrait être qualifié de « détournement de fonds publics ». Le cabinet du maire répond que les honoraires de Me Binsard sont réglés par Joé Bédier à titre personnel, et que la mention de la commune dans les références du courrier constitue « une simple référence à l'affaire ».

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5 commentaires

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A
Anaëlle 30/07/2026 à 11:22

Question peut-être naïve, mais si la CNCCFP a déjà validé les comptes des deux candidats sans retenir de griefs, est-ce que le parquet peut quand même rouvrir ces questions-là, ou la validation des comptes clôt certains volets ?

F
Fifi430 30/07/2026 à 11:16

Un point important que l'article effleure sans le creuser : la sommation interpellative par huissier n'a pas la même valeur probatoire qu'un témoignage recueilli dans le cadre d'une enquête judiciaire. Elle consigne une déclaration, elle ne la valide pas. Virapoullé a raison sur ce point, même si ça n'exclut pas que le parquet choisisse d'ouvrir une enquête préliminaire pour vérifier les faits. L'article 40 oblige à signaler, pas à conclure.

P
Patrick974 30/07/2026 à 11:14

Ce qui m'interpelle le plus dans cet article, c'est la question soulevée par Virapoullé sur le financement des honoraires de l'avocat. Si le courrier porte bien la référence "Commune de Saint-André / Laurent Virapoullé" et est signé en qualité de conseil de la commune, la distinction entre usage personnel et usage des fonds publics mérite effectivement d'être éclaircie. La réponse du cabinet, selon laquelle il s'agit d'"une simple référence à l'affaire", est un peu courte. On a vu des situations similaires sur d'autres territoires donner lieu à des requalifications. La transparence s'impose des deux côtés.

K
Karambole 30/07/2026 à 11:08

Des vélos cargo et des bons d'essence pour acheter des voix ? Nous sur le marché on se lève à 4h du matin pour gagner honnêtement notre vie, et eux ils distribuent des cadeaux pour grappiller des bulletins. Lé pa fasil de voir ça dans notre péi-la.

M
Mickaëla 30/07/2026 à 11:04

C'est difficile de voir la politique locale tomber dans ces dynamiques de conflit, on espère que la justice pourra faire la lumière sur tout ça et que les Andréziens pourront avancer sereinement.