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Salazie dépose un dossier Unesco pour la paille chouchou en août

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Salazie dépose un dossier Unesco pour la paille chouchou en août

À Salazie, la paille chouchou se réinvente et toque à la porte de l’Unesco - Crédit Zinfos974 - Société


La commune de Salazie prépare le dépôt, prévu en août, d'un dossier de candidature pour l'inscription du savoir-faire lié à la paille chouchou au patrimoine culturel immatériel de l'Unesco. La démarche couvre l'ensemble de la chaîne : préparation de la fibre, tressage et fabrication des objets finis.

C'est dans ce contexte qu'ouvre ce vendredi la Fête du chouchou à Hell-Bourg, où les créations de l'atelier chantier d'insertion (ACI) vannerie paille chouchou sont présentées au public. Pour la première fois, des lampes figurent parmi les pièces exposées. Des sacs issus du mélange de paille chouchou et d'autres fibres sont également annoncés prochainement.

L'ACI est porté par l'AJL (Association jeunesse loisir). En trois ans, il a accueilli 33 personnes, dont une dizaine actuellement en formation. Le dispositif s'appuie sur cet artisanat pour transmettre des gestes techniques, mais aussi des compétences professionnelles plus larges : vente, marketing. Certains bénéficiaires restent ensuite au sein de l'association. Elvina Laravine, ancienne participante, y anime aujourd'hui les ateliers de tressage. « Quand j'ai commencé, j'ai connu les chapeaux en tresse dentelle. Maintenant, on fait aussi des chapeaux en tresse plate, Élisabeth ou zigzag… », explique-t-elle.

La gamme s'est bien étoffée ces dernières années. Aux traditionnels canotiers et capelines s'ajoutent désormais bijoux, pochettes et casquettes. Certaines pièces associent la paille chouchou au jean, au choka, au vacoa ou à la résine. Cette diversification répond à une réalité économique précise : un chapeau 100 % paille chouchou, fabriqué sur commande en 45 heures de travail, se vend environ 180 euros. Les créations hybrides, intégrant d'autres pailles ou tissus, se situent entre 50 et 70 euros. « Au départ, on l'utilisait pour se couvrir. Aujourd'hui, on essaie d'ouvrir la gamme », résume Élodie Manoro, encadrante à l'ACI.

Le temps de fabrication reste la contrainte centrale de ce savoir-faire. La liane doit être récoltée, ouverte, raclée, blanchie, séchée et calibrée avant d'être tressée. Racler un kilo de matière demande environ 2 h 30. Le tressage lui-même peut nécessiter près d'une heure par mètre selon la technique. Un petit chapeau requiert au minimum une quinzaine de mètres de tresse, soit plusieurs dizaines d'heures de travail au total. Élodie Manoro estime qu'un mètre de tresse dentelle très fine, au calibre 5, devrait se vendre autour de 100 euros si le temps de travail était pleinement répercuté dans le prix.

Pour Patrick Manoro, président de l'AJL, la dimension historique compte autant que le reste. Au début du XXe siècle, la fibre du chouchou, alors appelée « paille d'Italie », était exportée vers les chapeliers européens et constituait un moteur économique pour le cirque. « Le chouchou nous a permis de nous nourrir. Aujourd'hui, quelque part, on rend au chouchou ce qu'il nous a donné », dit-il. La commune a par ailleurs sollicité le Département pour une étude destinée à mieux structurer la filière, de la production agricole jusqu'à l'artisanat. Si le dossier Unesco aboutit, la paille chouchou rejoindrait la broderie de Cilaos parmi les traditions réunionnaises reconnues à ce niveau.

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Mots clés : Salazie insertion Artisanat

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