L'Assemblée de Mayotte, réunie le 17 juin, a voté la création d'un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) pour reprendre la gestion du port de commerce de Longoni au 1er septembre, date à laquelle prend fin la délégation de service public confiée à Mayotte Channel Gateway (MCG).
En début de semaine, le Conseil d'État avait rejeté le recours de MCG sur sa délégation et son report. L'Assemblée doit donc résilier la convention qui la lie à l'opérateur. Pour contenir le coût de cette rupture, les élus comptent s'appuyer sur les décisions du tribunal administratif de Mayotte, confirmées par la chambre d'appel de Bordeaux, qui ont retenu l'existence de tarifs illégaux pratiqués par MCG depuis plusieurs années — ouvrant la voie à une résiliation pour faute grave. Le montant de l'indemnisation due à MCG n'était toutefois pas encore connu à l'issue de la séance.
Un rapport sur la désignation du futur directeur du port a aussi été examiné. Le responsable a déjà été nommé, mais il était absent de la plénière. La conseillère départementale de Mamoudzou Hélène Pollozec a dit regretter cette absence : « J'aurais aimé qu'il soit là pour qu'il se présente tout d'abord. Et j'avais aussi quelques questions à lui poser sur la future gestion du port. »
La séance avait débuté par un sujet d'urgence : une motion relative au syndicat mixte Les Eaux de Mayotte (LEMA), gestionnaire de l'eau et de l'assainissement dans l'île. Le président Ben Issa Ousséni a expliqué avoir reçu un courrier le lundi précédant la plénière. « Le président du LEMA nous a envoyé un courrier ce lundi nous demandant de faire appel à l'État afin de prendre en charge une facture de 25 millions d'euros et ainsi repartir de zéro », a-t-il indiqué. Cette somme correspond aux factures impayées de familles mahoraises auprès de la SMAE. Certains conseillers ont conditionné leur soutien à la motion à ce que les factures adressées aux ménages dans l'incapacité de payer soient retirées en cas d'intervention de l'État. La motion a finalement été adoptée.
Parmi les autres rapports votés figurait celui relatif au financement de la sécurité sociale des agriculteurs pour 2026, via une exonération de charges réservée aux exploitations d'au moins 40 hectares. Le dispositif semble sans application directe à Mayotte, où peu ou aucun agriculteur ne dispose d'une telle superficie. Le rapport a néanmoins été adopté.
Les élus ont par ailleurs approuvé un rapport sur le partenariat entre l'État et le Département-Région de Mayotte pour soutenir la candidature de la double barrière de corail de l'île au patrimoine mondial de l'Unesco. La prochaine assemblée plénière, prévue en septembre, devrait consacrer une large part de ses travaux à la situation du port de commerce de Mayotte.


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