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Campagne sucrière 2026 à La Réunion : 1,3 million de tonnes visés

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Campagne sucrière 2026 à La Réunion : 1,3 million de tonnes visés

Canne : la campagne 2026 porte les espoirs du rebond - Crédit Zinfos974 - Économie


La coupe a démarré ce matin dans le Nord et l'Est de l'île. Après plusieurs années difficiles, entre aléas climatiques et chute des tonnages, la campagne sucrière 2026 s'ouvre sur des prévisions en hausse et l'espoir d'un retour à la normale pour la filière.

Le Centre Technique Interprofessionnel de la Canne et du Sucre (CTICS) table sur 1,311 million de tonnes à l'échelle de l'île, contre un peu plus de 1,13 million l'an dernier. Dans le secteur Nord-Est, les estimations oscillent entre 688 000 tonnes pour le CTICS et environ 700 000 tonnes selon Tereos. « On part sur une campagne qui devrait normalement être meilleure que prévu si on n'a pas de problématique climatique. On pourrait avoir la première année depuis la convention canne où l'on bénéficie réellement de ses effets positifs », déclare Florent Thibault, directeur agricole de Tereos Océan Indien et président du CTICS.

La prudence reste de mise. La sécheresse observée cette année, surtout sensible dans le Sud, a eu jusqu'ici un impact limité dans le Nord et l'Est, où elle est intervenue durant la saison humide. Mais les cannes continuent de pousser tout au long de la campagne, et les résultats finaux dépendront des conditions météorologiques des prochains mois.

Avant l'ouverture, un préalable syndical devait être levé. Lors de la Commission mixte d'usine de Bois-Rouge, les syndicats agricoles avaient conditionné leur accord à la communication par Tereos de la situation individuelle de chaque planteur concernant les avances versées durant la campagne 2025. L'industriel s'était engagé à transmettre ces informations par SMS puis par courrier. Engagement tenu. « On a communiqué à chaque planteur par SMS sa situation et les courriers sont en cours d'envoi. Nous avons transmis les deux chiffres dont nous disposons : le trop-perçu constaté à la fin de la campagne 2025 et le restant dû connu à ce jour après les différents paiements déjà réalisés », explique Florent Thibault.

Les chiffres témoignent de la fragilité de la situation. Selon Tereos, un peu plus de 500 planteurs apparaissent aujourd'hui redevables d'une partie des avances versées, conséquence des très faibles richesses enregistrées l'an dernier dans le Nord-Est. Le montant total concerné atteignait environ 1,8 million d'euros à la mi-2026. Ces chiffres ne prennent toutefois pas encore en compte l'ensemble des mécanismes de compensation décidés après le passage du cyclone Garance : compensation de richesse financée dans le cadre des accords interprofessionnels de 2025, mécanisme complémentaire pour les planteurs sous le seuil de 11,675 de richesse, aides exceptionnelles de l'État liées à Garance et Fonds de secours pour l'Outre-mer. « Quand on additionne l'ensemble des mesures mises en place, je pense qu'on neutralise largement les effets de la campagne 2025 », estime Florent Thibault.

Au-delà des tonnages, la filière attend des avancées concrètes sur le long terme. À la demande du préfet, l'ensemble des acteurs doit se retrouver à la rentrée pour traduire les conclusions des États généraux de la canne en une feuille de route opérationnelle. Main-d'œuvre, lutte contre les mauvaises herbes, sécurisation des approvisionnements en intrants et maintien des surfaces cultivées figurent parmi les chantiers identifiés. Une expérimentation sur la main-d'œuvre étrangère pourrait être lancée d'ici à la fin de l'année. Florent Thibault juge cette piste utile, mais pas suffisante seule : « Si cette solution est expérimentée, il faut aussi réussir à débloquer les solutions pour les personnes qui sont déjà à La Réunion et rendre le dispositif plus lisible, plus efficace et plus compréhensible. »

La filière sort par ailleurs d'une polémique née des déclarations du directeur général de Tereos Océan Indien sur une éventuelle entrée des planteurs au capital de l'industriel — des propos qui avaient suscité de vives réactions dans le monde agricole. Le directeur agricole dit ne pas avoir constaté de rupture du dialogue : « Entre-temps, nous avons eu plusieurs réunions interprofessionnelles où cela n'a pas été évoqué. Nous nous sommes surtout concentrés sur les préparatifs de campagne et sur les suites des États généraux. »

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