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La FDSEA exige la démission du DG de Tereos Océan Indien

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La FDSEA exige la démission du DG de Tereos Océan Indien

"Dérapages indignes" : la FDSEA réclame la démission de Philippe Labro - Crédit Zinfos974 - Société


La FDSEA de La Réunion a officiellement demandé le départ de Philippe Labro de la direction de Tereos Océan Indien. Dans un communiqué publié à l'issue de son conseil d'administration, le syndicat dénonce des « dérapages verbaux indignes » et pose ce départ comme « un préalable non négociable » à toute reprise du dialogue.

La crise a éclaté après la parution d'un supplément agricole du Quotidien dans lequel Philippe Labro s'est exprimé sur la revendication d'ouverture du capital de Tereos aux planteurs. Le directeur général avait estimé que cette perspective ne faisait pas consensus et risquait de brouiller la répartition des rôles au sein de la filière. Il avait mis en garde contre une « consanguinité capitalistique » susceptible, selon lui, d'« affaiblir l'interprofession » et d'introduire de « l'opacité, alors que nous avons besoin de transparence ». Sur la gouvernance, il avait ajouté que « l'avenir de la filière ne se joue pas au conseil d'administration de l'industriel mais au CPCS ».

Ces déclarations ont provoqué des réactions en chaîne. Le président de la Chambre d'agriculture, Olivier Fontaine, avait qualifié les propos de « déplacés, incompréhensibles voire insultants ». Le député Perceval Gaillard avait lui aussi pris position publiquement contre les déclarations du dirigeant.

La FDSEA va plus loin. Le syndicat considère que l'emploi du terme « consanguinité » constitue « une insulte publique inacceptable » et « une provocation calculée ». « Parler de consanguinité pour balayer d'un revers de manche l'ancrage historique, local et paritaire des agriculteurs relève d'une rhétorique féodale et d'un autre âge », écrit le conseil d'administration. Il accuse Philippe Labro de manifester un « mépris colonial et institutionnel » envers les producteurs de canne et le juge « totalement déconnecté de la réalité du terrain ».

Sur le fond, la FDSEA défend le droit des planteurs à entrer au capital de l'industriel dont dépend une partie de leur avenir économique : « Nous demandons légitimement à participer financièrement à l'avenir de notre filière. » Le syndicat dénonce ce qu'il présente comme une stratégie d'exclusion : « Aujourd'hui, Tereos orchestre une démonstration de force à travers les grands quotidiens pour imposer son diktat :

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11 commentaires

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B
Bichik 04/07/2026 à 12:25

Ce péi-la a une mémoire longue. On n'efface pas des générations de travail avec un mot sorti d'un dictionnaire.

S
Sébastien V. 04/07/2026 à 11:50

@Mamie Câline, votre témoignage dit quelque chose d'essentiel. Ce débat sur la gouvernance et l'ouverture du capital peut paraître technique, mais derrière il y a des trajectoires de vie, des familles qui ont construit cette filière sur plusieurs générations. Dans les instances où je travaille, on apprend assez vite qu'un dirigeant qui perd le fil de ce que représentent ses interlocuteurs finit par perdre aussi la capacité à négocier efficacement. Le fond de la demande des planteurs mérite un vrai débat, sans qu'on ait besoin de charger l'atmosphère avec des formules qui ne font qu'envenimer les choses.

M
Marie 04/07/2026 à 11:18

Dans mon secteur on travaille avec des familles, des aidants, des gens qui ont besoin de confiance. Si un de mes responsables sortait ce mot en public pour parler de nos partenaires, je le recadrais le jour même. Pas parce que c'est politique, parce que c'est du bon sens.

N
Naïma94 04/07/2026 à 11:00

Quand je fais mes tournées à Saint-Pierre, je croise souvent des familles dont les parents ou les grands-parents ont travaillé dans la canne. Le mot "consanguinité" lancé comme ça, il a dû faire mal à beaucoup de monde.

K
Kelly 04/07/2026 à 10:36

Ce qui me frappe dans cette histoire, au-delà du conflit syndical, c'est le choix du vocabulaire d'un dirigeant qui gère des relations avec des partenaires dont il dépend. En RH, on sait que les mots dits en public par un cadre dirigeant ne s'effacent pas, ils s'impriment. Qualifier la demande légitime de planteurs de "consanguinité", c'est exactement le genre de sortie qui détruit la confiance sur le long terme et complique ensuite n'importe quelle négociation, même de bonne foi. Je comprends que la FDSEA ne veuille pas reprendre le dialogue avec lui à la table.

O
Olivier 04/07/2026 à 09:19

@Fifi430, exactement. À la coopérative on est à la fois producteurs et associés, ça marche depuis des années et personne parle de consanguinité. Quand le directeur d'un industriel qui rachète notre canne sort ce mot, c'est pas un lapsus, c'est un positionnement. Nous au Tampon, on a des parcelles qui se transmettent de père en fils depuis trois générations. Si demander à participer au capital de celui qui transforme notre récolte c'est de la consanguinité, alors i fo redéfinir le mot.

M
Mémé Marthe 04/07/2026 à 08:23

Avant, on disait que celui qui coupe la canne ne mange jamais le sucre. Y'a des choses qui changent pas.

P
PtiBatik 04/07/2026 à 08:18

Ce qui me frappe c'est l'image que ça renvoie. Une filière entière construite sur le travail de milliers de familles réunionnaises, et la direction de l'industriel qui choisit ce terme pour répondre à leur demande. La canne c'est notre histoire, notre couleur, presque notre identité, et on la traite avec cette rhétorique froide venue d'ailleurs. C'est pas un conflit de gouvernance, c'est un conflit de reconnaissance.

N
Nadine Saint-Louis 04/07/2026 à 08:14

Franchement le mot "consanguinité" pour parler des planteurs réunionnais, i fo vraiment pas se gêner. Dans ma boutique j'ai des clients qui sont fils et petits-fils de coupeurs de canne, et ils le portent avec fierté. Ce genre de vocabulaire ça blesse les gens pour rien.

F
Fifi430 04/07/2026 à 08:06

Sur le fond juridique, la demande d'ouverture du capital n'a rien d'incongru. Des structures coopératives agricoles en métropole fonctionnent exactement sur ce modèle, les producteurs sont à la fois fournisseurs et sociétaires. Ce qui est intéressant ici c'est que la bataille se joue autant sur le terrain de la gouvernance que sur celui du droit des sociétés, et les deux ne se confondent pas. Les propos du directeur general auraient mérité plus de rigueur sur ce point.

M
Mamie Câline 04/07/2026 à 08:03

Moi je connais pas grand chose à tout ça, les coopératives et les capitaux, mais les planteurs de canne dans les hauts y travaillent dur depuis des générations. Mon défunt mari faisait la récolte à la machette, ici à Cilaos on sait ce que c'est de transpirer pour sa terre. Que quelqu'un qui vient de loin leur dise qu'ils n'ont pas leur place dans le capital de leur propre filière, ça fait mal au coeur.