La grève qui paralysait Canal+ Réunion-Mayotte depuis deux jours a pris fin dans la nuit de vendredi à samedi. Un protocole de fin de conflit a été signé par les quatre délégués syndicaux représentant la CFDT, FO, la CGT et la CFE-CGC, au terme de plusieurs heures de négociations engagées en fin d'après-midi vendredi.
Le litige portait principalement sur le calcul de la prime d'intéressement 2025, dont le versement est prévu en 2026. Les syndicats contestaient un mécanisme de plafonnement qu'ils jugeaient défavorable aux salariés. L'accord prévoit le déplafonnement de ce calcul, ainsi que le maintien du taux d'emploi de la masse salariale à 26 %, critère retenu dans la formule d'intéressement. Les délégués syndicaux se sont déclarés satisfaits, estimant avoir obtenu gain de cause sur ces deux points.
Le mouvement avait été suivi par environ 80 à 85 % des salariés selon les organisations syndicales, entraînant la fermeture de l'ensemble des boutiques Canal+ à La Réunion et à Mayotte durant deux jours — une situation décrite comme inédite pour l'entreprise dans les deux départements. Les représentants du personnel avaient présenté leurs excuses aux abonnés pour les perturbations occasionnées. Le député de la 6ème circonscription, Frédéric Maillot, avait apporté son soutien au mouvement.
Les boutiques ont rouvert dès samedi matin, conformément aux conditions posées par la direction pour un retour immédiat à la normale. Syndicats et direction doivent se retrouver l'année prochaine pour négocier un accord cette fois-ci valable trois ans.


8 commentaires
Ici dans le cirque on a pas de syndicat pour négocier le prix de nos chouchous, alors lire ça ça fait un peu bizarre, mais bon, chacun son monde et je suis contente pour ces familles que ça s'est arrangé.
Ce qui mérite qu'on s'y attarde, c'est la rapidité du dénouement : deux jours, quatre organisations syndicales qui signent ensemble, c'est un cas d'école en matière de relations sociales. On cite souvent Mai 68 ou les grandes grèves des années 90 pour parler de rapport de force, mais ici c'est plutôt le modèle scandinave de négociation raisonnée qui s'illustre, avec un horizon chiffré, un critère précis, la masse salariale à 26 %, et un résultat tangible. Ce qui manque dans l'article, c'est l'avis des salariés eux-mêmes, pas seulement des délégués. Y avait-il un sentiment d'urgence particulier lié à Mayotte, dont les conditions économiques sont très différentes de celles de La Réunion ?
@Alex, sur la formule de plafonnement je serais aussi curieux de voir le détail, mais je remarque que même dans les secteurs que je connais bien, la construction, la promotion, les maîtres d'ouvrage glissent souvent des clauses techniques dans les contrats que personne ne lit vraiment avant que ça pose problème. Ici les syndicats ont eu le mérite de décortiquer le calcul avant le versement, pas après. C'est rare et ça méritait d'être souligné.
Ce qui me touche là-dedans c'est que les deux parties ont choisi le dialogue plutôt que l'affrontement, et ça a marché en deux jours. C'est exactement ce qu'on essaie de cultiver dans tout collectif humain, écouter, trouver un terrain commun, avancer. Pour les salariés c'est une belle victoire, et pour la direction aussi finalement, parce qu'une équipe qui se sent respectée c'est une équipe qui donne plus.
De mon temps on grévait et on savait pas si ça allait finir. Là deux jours et c'est plié. Les domoun ont appris à causer, ça c'est bien.
Quand j'accompagne des groupes dans Mafate, parfois on croise des gens qui bossent dans des conditions très isolées et qui n'ont jamais accès à ces mécanismes d'intéressement, pas de syndicat, pas de recours. Voir quatre syndicats s'asseoir ensemble et obtenir quelque chose en deux jours, c'est un rappel que la représentation collective ça compte vraiment. Bel exemple de ce que le dialogue social peut produire quand il est bien mené.
Une de mes clientes vendredi elle était coincée à attendre l'ouverture de la boutique pour régler son abonnement, elle savait même pas qu'y avait grève. Bon au moins ça s'est réglé vite, les boutiques ont rouvert le lendemain matin, lé bon quand même.
Deux jours de grève avec 80% de suiveurs, c'est un rapport de force très solide. Ce qui m'intéresse c'est la formule de plafonnement qui était contestée : est-ce qu'on a un détail chiffré quelque part sur ce que représente concrètement ce déplafonnement pour les salariés ? Parce que "gain de cause" ça peut vouloir dire beaucoup de choses selon les montants en jeu. L'accord à négocier sur trois ans l'année prochaine, ça va être la vraie bataille.