Les ventes de cigarettes ont reculé de 8,2 % en un an en France, selon les données publiées le 27 mai par l'Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). Une baisse qui prolonge une tendance de fond, portée par la hausse des prix, les campagnes de prévention et l'essor du vapotage.
Le prix du paquet dépasse désormais 12 euros pour certaines marques. Un niveau qui incite une partie des fumeurs à réduire leur consommation, voire à passer à la cigarette électronique. Plusieurs millions de Français vapotent aujourd'hui régulièrement, que ce soit pour arrêter de fumer ou pour diminuer leur apport en nicotine.
Les autorités sanitaires restent prudentes. Le vapotage n'est pas considéré comme sans risque : dépendance à la nicotine, effets à long terme encore mal documentés — les incertitudes demeurent. Moins nocif que le tabac combustible, il n'en est pas pour autant une alternative anodine.
Derrière le recul global, les inégalités sociales persistent. En 2023, près de 29 % des Français aux revenus les plus faibles déclaraient fumer quotidiennement, contre 17,3 % des plus aisés. Le tabac tue encore plus de 68 000 personnes chaque année en France — première cause de mortalité évitable dans le pays.
Paradoxe économique : malgré la contraction des volumes vendus, le chiffre d'affaires global du secteur tabac atteint 18,4 milliards d'euros en 2025, quasi stable depuis 2017, avec une progression moyenne de 0,2 % par an. La hausse des prix compense mécaniquement la baisse des ventes. L'objectif officiel d'une « génération sans tabac » reste affiché, mais les leviers économiques du secteur, eux, ne fléchissent pas.


3 commentaires
Ici à Cilaos, i fo dire que le tabac a toujours été bien présent, surtout chez les anciens. Ça fait plaisir de lire que les choses bougent, même si c'est lent. Les inégalités que l'article cite, ça me touche, parce que dans les hauts on sait ce que c'est de vivre avec peu, et le paquet à 12 euros c'est une vraie charge pour certaines familles.
Ce qui est frappant dans cet article, c'est le paradoxe économique souligné à la fin. Le chiffre d'affaires du secteur reste quasi stable depuis 2017 malgré la baisse des volumes, parce que la hausse des prix compense mécaniquement. Ce modèle est connu dans d'autres industries dites en déclin : les acteurs dominants préfèrent défendre leurs marges plutôt que leurs volumes. La vraie question c'est : jusqu'où le prix peut-il monter avant que le marché parallèle ou la contrebande ne vienne tout déstabiliser ? On a déjà des signaux en ce sens.
Moi je le vois direct avec mes clients, y'a de moins en moins de fumeurs dans le quartier. Avant certaines mamans fumaient entre deux rendez-vous, maintenant elles ont toutes leur petite cigarette électronique. Ça change l'ambiance quand même !