Marina Adigadou a été élue présidente du Syndicat mixte de Pierrefonds (SMP) ce mardi matin. Conseillère municipale de la majorité saint-pierroise, elle était jusqu'ici chargée du développement économique et de l'accompagnement des projets touristiques. Elle prend la tête d'une structure toujours en redressement judiciaire, avec une dette de 12 millions d'euros et sous surveillance du tribunal de commerce.
Le même jour, le SMP comparaissait devant ce tribunal. Une nouvelle période d'observation lui a été accordée. Le syndicat devra présenter un plan de continuation jugé crédible lors d'une prochaine audience fixée au 6 juillet. Pour étayer ce dossier, le SMP s'appuie sur un appel à projets lancé au premier trimestre 2026 : sept opérateurs privés ont déposé dix projets, actuellement en discussion. Les premiers pourraient aboutir dans les douze prochains mois.
L'aéroport reste dépendant des financements publics. Près de 2 millions d'euros de subventions exceptionnelles ont été versés en 2025, et d'autres efforts financiers sont encore attendus, selon David Lorion, maire de Saint-Pierre et président de la CIVIS. L'élu est direct sur les enjeux : « Si nous arrêtons l'activité, cet aéroport redevient un aéroport militaire et repasse à l'État, sans que cela efface les dettes. » Les collectivités n'auraient donc, selon lui, « aucun intérêt » à laisser disparaître l'activité aéroportuaire.
Côté trafic, la liaison Pierrefonds–Durban, annoncée pour le 3 juillet avec Global Airways, peine encore à se commercialiser. « Il y a des négociations toujours en cours. On espère que le vol puisse se faire », indique David Lorion, qui mène parallèlement des discussions avec d'autres compagnies. Il cite Air Austral pour des vols pendant les vacances scolaires à partir d'octobre, ainsi qu'Air Mauritius, afin de retrouver « un certain équilibre financier ».
L'élection de Marina Adigadou, cheffe d'entreprise, répond aussi à une logique d'équilibre institutionnel. « Il faut une certaine égalité, une certaine représentation, et éviter que l'un des deux maires soit en avant dans cet aéroport », explique David Lorion. CASUD et CIVIS affichent une position commune : « Nous sommes alignés sur la même longueur d'onde », assure-t-il.


8 commentaires
Moi ce qui m'intéresse dans Pierrefonds c'est si les liaisons avec l'île Maurice ou Durban peuvent amener des acheteurs pro dans le sud. Parce que depuis Bras-Panon, pour écouler de la viande de qualité au-delà de mes clients habituels, i fo des circuits qui bougent. Un aéroport du sud qui fonctionne vraiment, c'est du flux, c'est du tourisme, c'est des restaurants qui commandent mieux. 12 millions de dette, c'est costaud, mais si les projets privés tiennent la route au 6 juillet, on verra.
Ce qui me frappe dans cet article, c'est la logique institutionnelle qui a présidé à l'élection de Marina Adigadou, presque autant que ses compétences propres. David Lorion le dit lui-même : il s'agit d'éviter qu'un des deux maires prenne trop de place. C'est une lecture politique du dossier qui n'est pas illégitime, mais on peut se demander si l'équilibre entre CASUD et CIVIS sera suffisant pour produire un plan de continuation crédible d'ici le 6 juillet. Les associations du sud que je fréquente ont toutes un rapport affectif fort avec cet aéroport, c'est un équipement de territoire qui dépasse largement la question du trafic aérien. Reste à voir si les dix projets privés en discussion ont la solidité nécessaire, ou si on repart pour une nouvelle période d'attente.
@Zoubi, tu dis bien, on entend surtout que ça va mal depuis des années. Mais moin lé du Tampon et je me souviens quand les vols depuis Pierrefonds, c'était une fierté pour le sud. On espère pour Marina, qu'elle tienne bon, c'est pas une place de tout repos ce qu'elle prend là.
La période d'observation accordée par le tribunal est une bouée de sauvetage, pas une solution. Ce qui va décider du sort du SMP au 6 juillet, c'est la solidité du business plan derrière ces dix projets d'opérateurs privés. Sept candidats pour dix projets, ça fait une densité d'intérêt intéressante sur le papier, mais combien sont réellement finançables sans subvention publique supplémentaire ? C'est là que le dossier doit convaincre le tribunal, pas sur les intentions.
Bonne nouvelle qu'une cheffe d'entreprise prenne les rênes. Au moins elle sait ce que c'est de gérer un budget serré !
Prendre la présidence d'une structure en redressement avec une audience de tribunal le même jour, c'est un niveau de pression assez rare. J'espère que Marina Adigadou est bien entourée, pas juste institutionnellement mais aussi personnellement. Les dirigeants dans des situations de crise comme celle-là accumulent souvent un stress invisible, et lé pa fasil de tenir sur la durée sans soutien réel.
12 millions d'euros de dette avec 2 millions de subventions exceptionnelles versées en 2025, ça représente un effort notable mais ça ne couvre qu'une fraction du passif. La vraie question c'est la viabilité du plan de continuation au 6 juillet : est-ce que les dix projets en discussion génèrent des recettes suffisantes pour convaincre le tribunal, ou est-ce qu'on achète juste du temps ?
Une cheffe d'entreprise à la tête de l'aéroport, ça change ! J'habite Saint-André mais j'ai des clients à Saint-Pierre, et à chaque fois qu'on parle de Pierrefonds on entend surtout que ça va mal. On verra si ça bouge enfin côté projets, les domoun du sud attendent depuis longtemps.