Du 20 au 22 mai, La Réunion accueille la 6e édition des Rencontres des Aéroports Français & Francophones, organisées par l'Union des Aéroports Français & Francophones (UAF&FA). Plus de 130 aéroports sont représentés, venus de métropole, des Outre-mer, d'Afrique francophone et de l'océan Indien. Les sessions se tiennent au Musée Stella Matutina, en présence de dirigeants d'aéroports, de compagnies aériennes, d'institutionnels et d'une soixantaine d'exposants.
Cette année, ce n'est ni Paris, ni Montréal, ni Bruxelles qui accueille les débats du secteur aérien francophone, mais La Réunion. Un choix qui a du sens. La continuité territoriale y occupe une place à part : pour les Réunionnais, l'accès au transport aérien tient davantage de la nécessité que du confort. « À La Réunion, l'aviation n'est pas un luxe : c'est une nécessité. Elle est le lien vital qui relie l'île au reste du monde », résume Thomas Juin, président de l'UAF&FA.
Au programme : sûreté, sécurité, transition écologique, intelligence artificielle, drones et nouvelles technologies aéroportuaires. Des thématiques qui concernent l'ensemble du secteur, des grands hubs métropolitains aux plateformes ultramarines. L'événement doit aussi mettre en avant le positionnement de La Réunion dans l'océan Indien, territoire à la fois contraint par l'insularité et riche d'expériences propres en matière de gestion aéroportuaire.
Entre les conférences, le programme laisse de la place à la découverte culturelle et aux moments de convivialité — une façon pour les organisateurs de faire dialoguer les enjeux techniques du transport aérien avec l'art de vivre réunionnais.


11 commentaires
Comme dit Roselyne, nous dans les hauts on sait ce que c'est de se sentir loin de tout. Moi j'ai travaillé des années à l'hôpital du Tampon, des fois on transférait des patients en urgence et chaque minute comptait. L'avion c'est pas un luxe pour personne ici, c'est vrai. J'espère que ces messieurs et dames bien habillés qui se réunissent au Stella Matutina, ils pensent aussi aux gens ordinaires quand ils font leurs grands discours, pas seulement aux chiffres et aux technologies.
J'avais une cliente ce matin qui m'a dit que son fils travaille à l'aéroport Roland Garros, il paraît que c'était bien animé ces jours-ci avec tous ces gens venus de partout. On parle de grands sujets et moi je coiffe, mais finalement c'est pareil, on fait du lien in ti à notre façon.
Beau coup de com pour le territoire, je dis pas le contraire. Mais nous les artisans on attend toujours que ces grandes messes servent à quelque chose de concret, genre une vraie liaison directe avec Madagascar ou Maurice pour qu'on puisse aller chercher des matériaux ou de la sous-traitance sans passer par Paris. Là ça ferait avancer les choses.
Ce que dit Thomas Juin sur l'aviation comme lien vital, ça rejoint quelque chose de profond sur notre rapport à l'isolement et à la connexion. Vivre ici, c'est apprendre à composer avec cette réalité, et d'une certaine façon ça forge une résilience qu'on ne trouve pas ailleurs. J'espère que les échanges entre ces professionnels vont aussi nourrir une vraie réflexion sur l'accessibilité, parce que se sentir coupé du monde ça a un coût humain, pas seulement économique.
La question que personne ne pose vraiment : accueillir 130 délégations, c'est bien, mais quelles retombées économiques concrètes pour le territoire après le départ des participants ? Un événement de ce type génère de la visibilité, soit. Mais la continuité territoriale reste une question de volonté politique et de modèle économique, pas de conférences. J'espère que des engagements chiffrés sortent de ces trois jours, pas seulement des déclarations d'intention.
Ce qui me frappe par rapport à ce que j'ai vu à Nantes ou Bordeaux, c'est que la question aéroportuaire ici a une dimension existentielle qu'on ne retrouve pas sur le continent. Là-bas on peut prendre le train, l'autoroute, c'est un choix parmi d'autres. Ici c'est la seule porte de sortie. Ça change complètement les priorités autour de la table quand on parle tarifs, capacité ou transition écologique. Curieux de voir comment les délégués africains et ceux des autres îles de l'océan Indien réagissent à ça, eux qui connaissent des contraintes similaires.
130 aéroports au Stella Matutina et personne n'a pensé à faire un vrai live des conférences pour les gens qui suivent ça de loin ? C'est le genre d'événement où la captation vidéo et le relais sur les réseaux auraient pu toucher une audience bien au-delà de Saint-Pierre. Dommage que la comm digitale autour soit aussi discrète.
130 aéroports représentés ici, et les gens descendent au Stella Matutina plutôt qu'un hôtel quelconque, chapeau à ceux qui ont pensé la logistique. Mais j'espère qu'on les emmène aussi voir le lagon, goûter un rougail, vivre un peu le territoire. Parce que parler de l'art de vivre réunionnais dans un communiqué c'est bien, le faire vivre à des décideurs qui rentrent chez eux avec une autre image de l'île, c'est mieux pour tout le monde, y compris pour mon chiffre d'affaires en été.
De Salazie on voit pas souvent passer des événements comme ça dans le péi. L'avion pour nous dans les hauts, lé pa fasil, surtout quand y'a de la brume et que les routes sont coupées, on se sent encore plus loin de tout. Bon, si ça peut aider à ce que les billets restent abordables pour les familles, c'est bien.
C'est une belle visibilité pour La Réunion, il faut le reconnaître. Cela dit, quand on évoque la continuité territoriale dans ce type d'enceinte, j'espère que les échanges iront au-delà des discours convenus. Les contraintes tarifaires et réglementaires qui pèsent sur les dessertes ultramarines mériteraient des engagements concrets, pas seulement des constats partagés entre professionnels du secteur.
Que l'événement se tienne au Stella Matutina, ça dit quelque chose. Un lieu de mémoire pour parler d'avenir.