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Vente de Tereos : le Département réclame la transparence et se dit prêt à entrer au capital

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Vente de Tereos : le Département réclame la transparence et se dit prêt à entrer au capital

Vente de Tereos : le Département réclame la transparence et se dit prêt à entrer au capital


Le Département de La Réunion s'invite dans le dossier Tereos. Lors d'un point presse mercredi, le président Cyrille Melchior a dénoncé le manque d'informations transmises par le groupe sucrier et affirmé que la collectivité était prête à « prendre toute sa place », y compris en entrant au capital, aux côtés des acteurs locaux et des planteurs.

Le ton se durcit entre le Département et Tereos. Face aux zones d'ombre sur l'avenir du groupe à La Réunion et l'éventuelle ouverture de son capital, Cyrille Melchior a réclamé davantage de transparence. Les réponses apportées jusqu'ici par Tereos restent selon lui « évasives », ce qui nourrit les inquiétudes des élus comme du monde agricole.

Lire aussi : Tereos : un changement d'actionnaires se profile à La Réunion et pourrait rebattre les cartes de la filière canne

« Nous et les planteurs avons besoin d'informations », a insisté le président du Département, précisant que la collectivité avait déjà écrit au groupe pour obtenir des précisions sur les intentions réelles de Tereos, les modalités d'une éventuelle cession de parts et la valorisation de l'entreprise.

Nous serons vigilants sur l'avenir de cet outil industriel

Le Département veut éviter que l'avenir de l'outil industriel sucrier réunionnais se décide loin du territoire. « Nous serons vigilants sur l'avenir de cet outil industriel. Il ne peut pas être déconnecté des réalités réunionnaises », a prévenu Cyrille Melchior, appelant à « un ancrage local fort, loin des spéculations » et à une meilleure association des planteurs aux décisions à venir.

Le président du Département ouvre même la porte à une participation directe des acteurs locaux au capital de Tereos. « Pourquoi pas en entrant au capital ? Les acteurs locaux doivent prendre toute leur place et nous sommes prêts à prendre toute notre place », a-t-il déclaré. Il dit vouloir avancer avec prudence, faute de données précises sur la santé financière de l'entreprise, la valeur des parts ou la stratégie du groupe.

Face à cette opacité, le Département envisage de mandater un cabinet d'expertise indépendant pour obtenir les éléments financiers et techniques qui lui font défaut. « On a besoin d'aller chercher ces informations que Tereos ne peut pas ou ne veut pas nous donner », a expliqué Cyrille Melchior.

Le président du Département indique par ailleurs avoir sollicité le soutien de l'État sur ce dossier. Il prévoit d'écrire directement au président de la République pour alerter sur la situation et le manque de visibilité autour de l'avenir de la filière canne-sucre.

9 commentaires

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R
Roselyne 18/05/2026 à 10:27

Nous dans les hauts on vit de la terre comme les planteurs de canne vivent de leur canne, et quand les décisions se prennent loin sans nous demander notre avis, ça finit toujours mal pour ceux qui travaillent le sol. J'espère que les planteurs seront vraiment associés et pas juste cités dans les discours.

J
Jean-Marc 18/05/2026 à 10:19

Entrer au capital sans bilan consolidé, sans voir la dette, sans savoir ce que vaut vraiment la boîte, aucun entrepreneur sérieux ferait ça. J'ai failli racheter les murs d'un concurrent y'a quelques années, j'ai demandé tous les documents avant, et c'est là que j'ai vu que ça tenait pas la route. Le Département a raison de vouloir un cabinet indépendant, mais faut que Tereos soit obligé de fournir les docs, pas juste invité poliment.

P
Polo 18/05/2026 à 09:46

Moi je connais ça, attendre des infos d'un fournisseur qui répond à moitié. Quand mon grossiste sucre me donne pas les prix avant la commande, je commande pas. Le Département fait bien de réclamer les chiffres avant de signer quoi que ce soit.

N
Naïma94 18/05/2026 à 09:24

@Fifi430, c'est vrai que le statut coopératif change tout, et c'est rarement expliqué clairement dans les communiqués officiels. Moi quand je suis arrivée à La Réunion y'a sept ans j'ai vite compris que les structures ici ont souvent une histoire et une organisation qui leur est propre. Tereos c'est pareil, c'est pas juste une boîte qu'on rachète, y'a des planteurs dedans, des familles, une histoire. J'espère que le Département a des juristes qui maîtrisent vraiment ce type de montage avant de s'engager publiquement.

A
Anaëlle 18/05/2026 à 08:56

@Fifi430, merci pour cette précision, je savais pas du tout que le statut coopératif changeait autant les règles. Du coup est-ce que ça veut dire que le Département ne pourrait pas techniquement devenir actionnaire comme dans une entreprise classique, ou c'est juste plus compliqué ? Je pose la question parce qu'en master on nous parle des coopératives mais rarement dans ce contexte-là.

L
Lastron-Leïla 18/05/2026 à 08:25

Ce qui m'intéresse c'est de voir si le Département va vraiment aller vite sur le cabinet d'expertise ou si dans six mois on en est encore au même point. Parce que pendant ce temps Tereos avance, les négociations avancent, et le péi regarde. La communication de Melchior est bonne, mais faut que derrière il y ait des actes concrets et rapidement.

F
Fifi430 18/05/2026 à 07:55

Une précision utile : "entrer au capital" peut recouvrir des réalités très différentes selon la structure juridique de Tereos, qui est une coopérative agricole. L'accès au capital d'une coopérative n'obéit pas aux mêmes règles qu'une SA classique, et les droits attachés aux parts peuvent être très limités. Il faudrait d'abord clarifier ce point avant d'agiter l'idée d'une participation du Département.

P
Patrick974 18/05/2026 à 07:49

La position de Cyrille Melchior est compréhensible politiquement, mais entrer au capital d'une entreprise sans connaître sa valeur réelle, ni l'état de sa dette, ni sa rentabilité par activité, c'est prendre un risque considérable pour les finances publiques. On a vu ce type d'opération mal tourner ailleurs dans les DOM. La question n'est pas de savoir si les acteurs locaux doivent avoir leur mot à dire, bien sûr que oui, mais à quel prix et avec quelles garanties pour le contribuable réunionnais ? Le cabinet d'expertise indépendant est une bonne idée, à condition qu'il soit vraiment indépendant et que ses conclusions soient rendues publiques.

L
Lastron-Leïla 18/05/2026 à 07:42

Le Département qui veut mandater un cabinet d'expertise indépendant, c'est exactement le genre de move qu'on attendait. Parce que négocier sans avoir les chiffres en main, lé pa fasil. Reste à voir si ça avancera vite ou si ça va traîner comme souvent sur les gros dossiers du péi.