Après plusieurs jours de tensions sociales, la CFTC Santé Sociaux Réunion-Mayotte annonce la fin de la grève engagée à la Clinique Les Flamboyants Est. Le syndicat indique avoir obtenu plusieurs engagements de la direction du groupe Runésens à l'issue d'une réunion tenue ce mercredi après-midi.
Le préavis de grève illimitée, maintenu par la CFTC Santé Sociaux Réunion-Mayotte à compter du mercredi 13 mai, a finalement été suspendu après une rencontre avec la direction du groupe Runésens.
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Dans un communiqué diffusé ce mercredi, la CFTC fait état d'« échanges constructifs » ayant débouché sur plusieurs avancées. L'ouverture des négociations annuelles obligatoires (NAO) a été fixée au 4 juin prochain, et la direction s'est engagée à traiter « dès maintenant » les difficultés liées au fonctionnement du comité social et économique (CSE).
Le syndicat salue par ailleurs la reprise du dialogue social entre la direction et les représentants du personnel, point central des revendications portées ces dernières semaines.
La veille encore, la CFTC dénonçait « l'absence de véritable dialogue social » au sein de l'établissement et pointait « un manque de considération grandissant envers les équipes », ainsi qu'une absence de réponses concrètes face aux difficultés rencontrées par les salariés.
Dans ce contexte, le syndicat avait averti de possibles perturbations de l'activité de la clinique et n'excluait pas de solliciter une médiation auprès de la DEETS si la situation n'évoluait pas rapidement.
La CFTC dit rester vigilante quant au respect des engagements pris et assure poursuivre son travail « dans l'intérêt des salariés et du bon fonctionnement de l'établissement ».


11 commentaires
Ce qui me marque c'est que la réputation d'un établissement de santé se joue aussi dans ces moments-là. Une grève, même courte, ça se retrouve sur les réseaux en quelques heures et ça influence le ressenti des patients et des familles. Gérer le dialogue social c'est aussi gérer son image, et les cliniques privées ont tout intérêt à comprendre ça comme un investissement, pas comme une contrainte.
Il faut noter que l'implication potentielle de la DEETS, mentionnée dans l'article comme une option envisagée par le syndicat, aurait représenté une escalade significative. Le fait que la direction ait choisi de négocier avant d'en arriver là peut être lu comme un signal de bonne foi, ou simplement comme un calcul pragmatique pour éviter un regard extérieur sur son fonctionnement interne. Les deux lectures sont possibles, et les salariés auront sans doute l'occasion de trancher en juin.
@Jean-Marc, tu touches quelque chose d'important, la communication interne c'est pas un truc qu'on sort quand le feu est déclaré. Ce qui se passe aux Flamboyants Est, ça arrive souvent quand y'a pas de canal régulier entre la direction et les équipes, dans n'importe quel secteur. Le résultat c'est que tout le monde apprend les décisions en même temps que la grève. Lé pa fasil à corriger une fois que la confiance est abîmée.
Dans les services à la personne on connaît bien ce genre de situations. Quand les équipes se sentent pas écoutées, tout se dégrade vite. Content que ça se soit réglé par la discussion.
Pour répondre à Anaëlle, les NAO sont des négociations que l'employeur est tenu d'engager chaque année sur des thèmes précis comme les salaires, le temps de travail ou l'égalité professionnelle. Elles n'aboutissent pas nécessairement à un accord signé, mais elles obligent les deux parties à se parler formellement et à documenter les positions. Ce que soulève Thierry Lebon est donc essentiel : présenter l'ouverture de ces négociations comme une concession, c'est un peu confondre une obligation légale avec un geste de bonne volonté. Cela dit, dans les faits, le dialogue rompu est souvent plus dommageable que l'absence d'accord, et le rétablir a une valeur réelle pour les équipes.
Patrick974 a raison sur le fond. Moi j'ai eu un contrôle URSSAF l'an dernier et j'aurais voulu qu'on me dise « on va en parler » avant que ça parte en procédure. Mais ça marche dans les deux sens, les directions aussi attendent parfois trop longtemps avant d'ouvrir la bouche. Là au moins la machine est relancée, on verra à quoi ressemble la table en juin.
Dans mon activité, quand les gars se mettent en arrêt ou font grève, c'est souvent qu'on a laissé traîner un problème trop longtemps. Une réunion en bonne et due forme avant que ça dégénère, ça évite bien des dégâts. Là on parle d'une clinique, les patients derrière c'est pas un chantier qu'on peut mettre à l'arrêt proprement. J'espère que la direction a compris le message pour de bon.
Un point de précision qui mérite d'être rappelé : les négociations annuelles obligatoires sont encadrées par le Code du travail et doivent en principe se tenir chaque année, qu'il y ait ou non un conflit. Que leur ouverture soit présentée comme une "avancée" obtenue sous pression est en soi révélateur de la situation sociale qui prévalait dans cet établissement.
Je comprends pas très bien comment fonctionnent les NAO, est-ce que quelqu'un pourrait expliquer ? C'est quoi concrètement ce que les salariés peuvent espérer en obtenir ?
Ce qui me frappe dans cet article, c'est que la grève n'aura finalement servi qu'à obtenir... l'ouverture de négociations. Ce n'est pas rien, bien sûr, mais ça pose une vraie question : pourquoi faut-il en arriver là pour simplement asseoir les deux parties autour d'une table ? Dans beaucoup d'entreprises, le dialogue social est perçu comme une contrainte plutôt qu'un outil de gestion. Et ça coûte bien plus cher in fine que d'anticiper.
Bon, dans le secteur privé lé pa fasil de faire entendre sa voix, que ce soit sur les quais ou dans une clinique. Au moins là y'a eu du mouvement, la direction a bougé. On verra si les engagements tiennent dans la durée.