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Conflit d'intérêts à l'aéroport Roland-Garros : 88 M€ en jeu

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Conflit d'intérêts à l'aéroport Roland-Garros : 88 M€ en jeu

Aéroport Roland-Garros : des soupçons de conflit d’intérêts planent sur le marché de sûreté à 88 millions d’euros


L'aéroport Roland-Garros est en pleine tourmente. En cause : le renouvellement de son marché de sûreté, d'un montant de 88 millions d'euros sur huit ans, entouré de soupçons de conflit d'intérêts visant Thomas Dubus, président du directoire. L'affaire, révélée début avril, dépasse largement le cercle des 300 salariés de la plateforme.

Huit entreprises se sont positionnées sur ce marché découpé en quatre lots. Parmi elles, les deux titulaires actuels : Réunion Air Sûreté (RAS), qui détient les lots 1, 2 et 4 – filtrage des passagers, sûreté des bagages en soute et équipes cynophiles – et OSR Sécurité, en charge du lot 3 dédié à la surveillance des zones réservées. Thomas Dubus a également ouvert la compétition à des acteurs nationaux : Seris Airport, Wo Group et Samsic Airport, aux côtés de trois candidats locaux, Mayotte Sécurité, Dom Sécurité et AVIA Sûreté Réunion.

Le problème éclate après les visites de pré-sélection organisées sur site. Thomas Dubus annonce alors devoir se déporter de la procédure. La raison : sa compagne vient d'être recrutée par Wo Group, société créée en mars 2025 et dirigée par l'ancienne équipe de Securitas Aviation. Elle bénéficie d'un contrat de prestations de service d'au moins trois mois. Son parcours est loin d'être anodin : elle a occupé les postes d'assistante achat et juridique, puis de responsable adjointe Sûreté et Sécurité Publique à l'aéroport de Paris-Beauvais, où Thomas Dubus était directeur d'exploitation jusqu'en 2024.

Plusieurs membres du personnel et candidats l'avaient remarquée lors des visites de pré-sélection, où elle représentait Wo Group. Alerté des risques juridiques, Thomas Dubus a annoncé son retrait de la procédure. Mais selon nos informations, il aurait refusé catégoriquement d'écarter Wo Group de la liste des soumissionnaires, une solution pourtant avancée pour prévenir tout litige. Une réaction qui interpelle, venant d'un dirigeant de cette expérience : président du directoire de l'aéroport de Strasbourg de 2010 à 2020, directeur des opérations de Paris-Orly jusqu'en 2023, puis directeur d'exploitation de Paris-Beauvais avant de prendre la tête de Roland-Garros en septembre dernier.

Malgré les avertissements, les huit candidatures ont été validées. La remise des plis est prévue courant mai. Interrogé par Zinfos974, Thomas Dubus refuse de commenter : « Je ne peux pas du tout répondre à vos questions car nous sommes en plein dans la consultation. » Sur l'existence d'un conflit d'intérêts, il affirme ne « pas du tout » voir de quoi il s'agit. Quand on lui précise qu'une personne de son entourage serait sous contrat avec un candidat, il répond : « Je comprends mieux vos questions. Mais ma position reste la même quelles que soient les rumeurs qui circulent. Dès l'instant qu'il y a une consultation en cours, on ne communique pas. »

À la question directe sur le contrat de sa compagne avec un soumissionnaire, Thomas Dubus ne dément jamais. Il se retranche derrière le secret de « la consultation publique en cours » et renvoie les allégations du côté des « rumeurs ». « Je n'ai pas à vous raconter ma vie privée », conclut-il. Wo Group, contactée à plusieurs reprises par mail, n'a pas répondu. Thomas Dubus a précisé que les candidats évincés pourront contester la décision une fois celle-ci rendue.

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