Espace membre :

Suivez-nous

Urcoopa : bataille judiciaire pour le contrôle du géant agricole

Partager sur :
Urcoopa : bataille judiciaire pour le contrôle du géant agricole

Qui dirige vraiment l'Urcoopa ? Récit d'une audience sous haute tension dans un dossier explosif


Le 7 avril prochain, le tribunal judiciaire de Saint-Denis tranchera une question explosive : qui dirige réellement Urcoopa ? Derrière cette bataille de procès-verbaux se joue l'avenir de l'agriculture réunionnaise et le redressement de la Soficoop.

Jeudi dernier, pendant que 300 salariés et éleveurs manifestaient devant le siège de Cambaie, l'audience a tourné à l'affrontement sur une question technique aux conséquences énormes. Deux conseils d'administration le 20 mars dernier : un à 8 heures, un autre à 10h10. Deux versions qui s'opposent pour déterminer qui d'Henri Lebon ou d'Olivier Boyer préside légitimement le groupe.

« On ne peut pas vivre avec la crainte de voir la gouvernance changer tous les deux mois », alerte Gérald Ramalingom, secrétaire du CSE de la Cilam. L'inquiétude des salariés et syndicats dit bien l'instabilité qui secoue la coopérative depuis des semaines.

Dans la salle d'audience, les échanges ont viré à l'affrontement verbal. Me Caillères, avocat de Terracoop, conteste la validité du conseil de 8 heures : « Il n'y a eu ni vote, ni procès-verbal ». Il défend celui de 10h10, estimant qu'« une délibération s'impose tant qu'elle n'a pas été annulée ». En face, Me Montpellier riposte : « Tous les administrateurs étaient présents à 8h. Les décisions ont été prises. » Sa métaphore frappe : « C'est comme si je convoquais le conseil d'administration de Louis Vuitton pour débarquer Bernard Arnault. »

Les termes « coup de force » et « putsch » ont ponctué les plaidoiries. Me Rapady dénonce « une tentative de renversement », tandis que les avocats du CSE, de la CPPR et de la CANE parlent de « fraude », « pseudo conseil » et « mise en scène ». Un représentant de l'État assistait aux débats, prenant des notes.

Cette guerre de gouvernance s'inscrit dans un contexte plus large : le redressement de la Soficoop. Deux plans s'affrontent, l'un porté par la direction actuelle d'Urcoopa, l'autre soutenu par Terracoop et ses alliés Duchemann et Grondin. Le contrôle d'Urcoopa déterminera l'orientation du plan et l'avenir de la filière agricole réunionnaise. Le juge des référés, tentant de détendre l'atmosphère, a promis sa décision « à 11 heures » mardi prochain, ni à 8 heures ni à 10h10.

0 commentaire

Écrivez votre commentaire...
💬

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !