Le juge des référés a tranché jeudi 19 mars. Terracoop ne pourra pas empêcher la tenue de l'assemblée générale décisive de ce vendredi 20 mars, où l'Urcoopa doit examiner sa révocation comme administrateur. Une première étape vers une exclusion qui pourrait coûter 45 millions d'euros de chiffre d'affaires à la coopérative.
Dans une salle d'audience tendue, les avocats se sont affrontés sans retenue. Me Egloff, qui défend Terracoop, a dénoncé « une volonté d'exclusion dans le but de la tuer financièrement, économiquement, juridiquement ». Elle évoque 300 emplois menacés et un redressement judiciaire immédiat en cas d'exclusion. L'avocate conteste aussi la régularité de la convocation, qu'elle juge non conforme aux statuts.
« Un écran de fumée », répond Me Montpellier pour l'Urcoopa. L'avocate retourne l'accusation : Terracoop tente de « s'approprier Soficoop pour l'attribuer à des acteurs privés ». Elle dénonce un « coup de force pour vider de sa substance l'union des coopératives agricoles ». Sur le délai de convocation contesté, Me Rapady, également pour l'Urcoopa, reste ferme : « Du 5 mars au 20 mars, le délai de 15 jours est respecté. »
Ce conflit naît de la bataille autour de la Soficoop, holding du groupe Urcoopa. Terracoop a déposé un plan alternatif avec le groupe Duchemann-Grondin, après avoir racheté des créances pour contourner la résiliation de son prêt d'actions. Un projet concurrent que la direction actuelle voit comme une menace pour la filière agricole réunionnaise.
L'assemblée générale de ce vendredi à 10 heures devrait acter l'exclusion de Terracoop, précédée d'une réunion organisée à 8 heures par la coopérative contestataire. Le juge a aussi débouté l'Urcoopa de sa demande d'annulation de cette réunion préalable. L'ambiance promet d'être explosive.


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