TERRACOOP riposte aux accusations d'URCOOPA dans une lettre ouverte diffusée ce mercredi. La coopérative, qui représente près de 80 % des exploitants agricoles réunionnais, dénonce une tentative d'exclusion orchestrée pour préserver un monopole sur l'alimentation animale.
En jeu : le sauvetage de SOFICOOP, placée en redressement judiciaire. TERRACOOP veut injecter 42,2 millions d'euros immédiatement, puis 175 millions sur dix ans. Son plan prévoit le maintien de tous les emplois et un accord exclusif avec Ducheman pour éteindre les litiges judiciaires. Le passif qui pèse actuellement sur SOFICOOP s'élève à 247 millions d'euros.
« La direction d'URCOOPA veut exclure TERRACOOP de l'Union et lui refuser de distribuer des aliments », accuse la coopérative. Une assemblée générale convoquée le 5 mars viserait précisément cet objectif. TERRACOOP y voit une manœuvre pour éliminer la concurrence et maintenir des prix artificiellement élevés.
Les chiffres brandis par TERRACOOP dressent le tableau d'une gestion défaillante : 17 millions d'euros de déséquilibre créé par l'utilisation de SOFICOOP comme « banque interne », 15 millions investis sans retour, 66 millions de dettes bancaires. La reprise des magasins Jardicane, fermés un an plus tard avec des licenciements, illustre selon eux cette mauvaise gestion.
TERRACOOP revendique ses résultats passés. Entre 2014 et 2020, période où elle participait à la gestion d'URCOOPA et SOFICOOP, la coopérative affiche des performances qu'elle juge supérieures à la situation actuelle. Depuis 2022, SOFICOOP est gérée par Henri Lebon/CPPR sous la direction d'URCOOPA.
L'agriculture réunionnaise compte 1 500 éleveurs et plus de 10 000 emplois indirects dépendent de cette filière. TERRACOOP maintient sa position : ouvrir la concurrence permettrait aux éleveurs de bénéficier de prix alignés sur les marchés internationaux. Un contact est proposé via l'adresse [email protected] pour ceux souhaitant rejoindre cette démarche.


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