54 tonnes de raisin récoltées en 2024, 41 planteurs contre une vingtaine l'année dernière : dans le cirque de Cilaos, la viticulture réunionnaise affiche une belle croissance. Cette progression contraste avec les difficultés du marché mondial du vin, touché par la surproduction et la chute des exportations européennes.
« C'est une année exceptionnelle. Il n'y a pas eu de cyclone, on a dépassé les quantités des années précédentes et la maturité est bonne », se félicite Jean-Michel Hoarau, agriculteur qui cultive la vigne depuis le début des années 2000. Sur ses 2,5 hectares, il produit principalement du Couderc 13 et un peu d'Isabel, tout en maintenant sa production de lentilles de Cilaos.
Le Chai de Cilaos, dirigé depuis 2019 par Olivier Cadarbacasse, porte cette dynamique. La structure a repris l'activité après la liquidation judiciaire de l'ancienne coopérative en 2016, qui avait connu sept œnologues différents en dix ans. Le nouveau modèle fonctionne comme un vendangeoir privé où les viticulteurs restent indépendants mais livrent leur raisin pour la vinification et la commercialisation.
« Ils nous vendent le raisin, on le transforme et ils sont payés dans l'année », explique le dirigeant. Les vins produits se déclinent en plusieurs cuvées : blanc sec à partir du Couderc, rosés et rouges issus du Villard, ainsi que les cuvées Marronaz et Zarlor. L'Isabel sert notamment à produire le jus de raisin Goutali.
Cette production locale profite d'un marché réunionnais en forme. Cyrille Camilli, fondateur de La Petite École du Vin, observe « un engouement pour acquérir des connaissances sur le vin » et note que « le vin reste un rituel bien ancré, synonyme de repas en famille ». Les vins de Cilaos sont désormais présents dans de nombreux hôtels et restaurants de l'île, même si la grande distribution reste à conquérir.
Pour Olivier Cadarbacasse, l'originalité constitue l'atout majeur : « Les vins produits à Cilaos se distinguent par leur origine volcanique et leur climat tropical d'altitude. Le but n'est pas de ressembler à d'autres vins. » Une stratégie qui semble porter ses fruits, alors que la filière mise sur le développement du marché local avant d'envisager l'export.


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