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Crise du BTP à La Réunion : la CAPEB tire la sonnette d'alarme

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Crise du BTP à La Réunion : la CAPEB tire la sonnette d'alarme

BTP en crise à La Réunion : la CAPEB alerte sur une “paupérisation” des artisans


La CAPEB alerte sur la crise qui touche le secteur du BTP à La Réunion, évoquant une « paupérisation » des artisans. Lors d'une conférence de presse, Cyrille Rickmounie, son président, a pointé une contraction de l'activité, une chute des mises en chantier et une stagnation de l'apprentissage pour 2025. « Le manque de vision nous mène droit dans le mur », a déclaré Rickmounie. Il a expliqué que l'année 2025 s'achève sur une contraction généralisée de l'activité dans le bâtiment, causée par une instabilité politique et réglementaire qui a entamé la confiance des professionnels. « Les consommateurs préfèrent épargner plutôt qu'investir, ce qui nuit aux projets de maisons individuelles neuves, à la réhabilitation et à la transition énergétique », a-t-il ajouté. Les chiffres confirment ce diagnostic. Au troisième trimestre 2025, le chiffre d'affaires du BTP a chuté de près de 6 %. Les mises en chantier de logements neufs ont diminué de 16 % entre octobre 2024 et septembre 2025. Dans le même temps, l'emploi salarié dans le secteur a reculé de 4 % au troisième trimestre, avec une baisse plus forte dans les très petites entreprises. Les pertes d'emplois frappent surtout les contrats à durée indéterminée et les apprentissages. Rickmounie s'est inquiété du fait que, pour la deuxième année consécutive, les jeunes n'ont pas trouvé d'entreprises pour leur formation, un climat de méfiance dissuadant les artisans de s'engager dans l'apprentissage. « La majorité des défaillances d'entreprises se font en silence », a également précisé le président de la CAPEB. Autre signe préoccupant : la baisse de plus de 6 % du nombre d'entreprises employeuses, en particulier celles de moins de dix salariés, malgré une revalorisation salariale moyenne de 1,6 % en 2025. Selon Rickmounie, « le salaire n'est plus un facteur d'attraction pour les jeunes dans nos entreprises ». Les difficultés de recrutement freinent l'innovation et la modernisation, fragilisant les structures les plus vulnérables. Sur les défaillances d'entreprises, Rickmounie a noté leur augmentation constante. Les très petites entreprises, avec une trésorerie plus fragile, sont les premières touchées. « Une grande majorité des défaillances concerne les entreprises de moins de 10 personnes, y compris les auto-entrepreneurs », a-t-il précisé, ajoutant que ce phénomène reste largement invisible, avec un grand nombre de défaillances qui passent inaperçues. À l'échelle nationale, la situation inquiète avec une explosion des dossiers traités par l'AGS, qui a couvert 2,3 milliards d'euros de retards de salaires et d'indemnités pour 212 000 salariés, dont 85 % dans des entreprises de moins de dix salariés. « Nous assistons à la paupérisation des petits chefs d'entreprise sur ce territoire », a déclaré Rickmounie, précisant que cette crise dépasse le seul secteur du bâtiment. Pour 2026, les inquiétudes demeurent. Les finances publiques sont sous pression, les règles évoluent et la consommation reste faible. Cependant, Rickmounie a rappelé le rôle des artisans : « Les artisans sont une force de stabilité économique, sociale et territoriale ». La CAPEB envisage plusieurs axes d'action, notamment la rénovation énergétique, l'amélioration de l'accès des artisans aux marchés publics, la formation en gestion contractuelle et l'innovation dans les petites entreprises. La refonte de la Responsabilité élargie du producteur (REP) déchets est également jugée nécessaire pour garantir la viabilité des petites structures.

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