Le prix de la banane péi s'effondre et passe à 0,99 euro le kilo dans certaines grandes surfaces, un niveau inférieur au coût de production. Face à cette chute brutale, les producteurs tirent la sonnette d'alarme et pointent une surproduction qui nécessite une régulation urgente du marché.
Les consommateurs se réjouissent de cette baisse spectaculaire et se pressent dans les rayons. Alors qu'une banane se vendait à plus d'un euro il y a quelques mois, le kilo entier coûte désormais le même prix.
Cette chute fait suite à la flambée des prix provoquée par les cyclones Belal en janvier 2024 et Garance en février 2026. En septembre dernier, le prix moyen atteignait 7,08 euros le kilo dans les grandes surfaces, contre 2,77 euros à la même période l'année précédente.
Après le passage de Garance, la Chambre d'agriculture avait évalué les pertes de la filière à 100 % des régimes, soit plus d'un an de culture avant récolte. Au début de cette semaine, le kilo était vendu en moyenne à 2,28 euros, soit une baisse de 55 centimes par rapport aux relevés précédents.
Les producteurs, comme Mickaël Moutama de Saint-Pierre, constatent que "tout le monde est perdant" face à cette surproduction. Les ventes au marché de gros ne suffisent pas à écouler les quantités, avec des prix qui tombent à 1 euro le kilo pour les bananes mûres.
Ce retournement de situation résulte d'un surplus de production, après une période de disette. Les supermarchés affichent désormais de fortes promotions, ce qui alarme la filière. Moutama y voit un signal d'alerte pour l'ensemble du secteur réunionnais.
Les producteurs réclament une concertation pour éviter la spirale de la surproduction et de la chute des prix. Moutama rappelle que vendre à 0,99 euro au consommateur implique que le producteur ne perçoive qu'entre 0,55 et 0,60 euro, soit une vente à perte.
Dominique Clain, président de l'UPNA et producteur de bananes, partage cette inquiétude. Il évoque la nécessité de réguler la filière et explique que la diversification imposée par la crise de la canne à sucre a ses limites.
Les producteurs, préoccupés par l'avenir, appellent à une concertation entre tous les acteurs du marché de la banane pour stabiliser les prix et éviter des conséquences dramatiques pour la filière.


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