Le Parquet national financier a ouvert une information judiciaire contre le Groupe Bernard Hayot (GBH), leader de la distribution aux Antilles, pour escroquerie en bande organisée et abus de position dominante. Cette enquête intervient dans un climat de tensions autour du coût de la vie dans les Outre-mer.
Plus de 500 plaintes ont été déposées contre GBH pour entente et abus de position dominante, selon Guadeloupe La 1ère. Le volume de ces plaintes témoigne de l'ampleur des griefs formulés contre le groupe.
GBH affiche un chiffre d'affaires de près de 4,5 milliards d'euros. Le groupe est régulièrement accusé de pratiquer des marges excessives dans un marché où la concurrence reste faible. Transparency International France a porté ces accusations.
Stéphane Hayot, directeur général de GBH, conteste ces reproches. Il nie que le groupe occupe une position dominante et rappelle la présence d'acteurs indépendants sur le marché martiniquais, ainsi que les contrôles effectués par les services de l'État.
Le 21 février 2025, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique a lancé une enquête sur des pratiques de lobbying non déclarées, après un signalement de Transparency International France. Des rencontres non annoncées entre Bernard Hayot et des responsables politiques sont pointées du doigt, notamment avec le ministre délégué Jean-François Carenco.
Au civil, GBH doit répondre de plusieurs contentieux. Le groupe a été assigné devant le tribunal de commerce pour n'avoir pas publié ses comptes annuels depuis 2018. Bernard Hayot a été condamné à verser 6 000 euros aux lanceurs d'alerte.
GBH riposte en déposant des plaintes pour dénonciations calomnieuses, pour défendre l'honneur de ses salariés. Stéphane Hayot qualifie ses collaborateurs d'« impliqués et honnêtes ».
Ces enquêtes relancent le débat sur la concentration économique dans les Outre-mer. Le rachat de Vindémia à La Réunion par GBH a été évoqué à l'Assemblée nationale pour illustrer les problèmes posés par la domination de certains acteurs.
Une enquête de janvier 2025 a remis la polémique sur le devant de la scène. Des avocats rappellent toutefois que les accusations pénales demandent des preuves solides. Les investigations se poursuivent. Le Groupe Bernard Hayot continue de nier toutes les accusations, tandis que l'issue de ces procédures pourrait peser sur la régulation économique et la lutte contre la vie chère dans les territoires ultramarins.


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