Espace membre :

Suivez-nous

Filière canne bio : un avenir prometteur à La Réunion

Partager sur :
Filière canne bio : un avenir prometteur à La Réunion

ASKABIO Réunion a organisé une visite chez un planteur de Saint-Benoît en conversion biologique pour faire le point sur la filière canne à sucre bio. Cette rencontre a permis d'échanger sur les ambitions d'une filière qui se structure, au moment où démarre une étude pour créer une micro-sucrerie.

Matthieu Payet, agriculteur, raconte que sa transition vers le bio s'est faite progressivement, poussée par les réformes sur les produits phytosanitaires. Il veut aussi maîtriser ses pratiques pour préserver sa santé et celle des autres.

Sur ses 80 hectares, Matthieu et son frère Thierry ont converti 1,22 hectare vers le bio il y a trois ans. Les résultats sont encourageants : « La première leçon, c'est que c'est réalisable », affirme-t-il. Après trois années d'ajustements, il a cerné les défis comme l'enherbement et le coût des engrais organiques, mais aussi découvert des avantages : une richesse en sucre supérieure de 2 à 3 points.

Malgré les difficultés, Matthieu garde le cap : « Il ne faut pas lâcher et continuer à innover ». D'autres membres d'ASKABIO partagent sa conviction, comme Jérôme Prébé, qui mise sur la volonté et l'organisation pour réussir : « Les planteurs seront gagnants », assure-t-il.

L'association, créée en 2000, structure la filière canne bio à La Réunion. Dirigée par Thierry Silotia, élu président en 2023, elle rassemble une vingtaine de planteurs sur environ 35 hectares. Le défi principal reste la valorisation de la canne bio, actuellement achetée et traitée comme de la canne conventionnelle.

Pour changer la donne, ASKABIO envisage de créer une micro-sucrerie dédiée au sucre et au jus de canne biologiques. Une étude de faisabilité, lancée récemment, devrait aboutir d'ici mai 2026. Ce projet, estimé entre 4 et 5 millions d'euros, vise à transformer environ 7 000 tonnes de canne bio, selon un modèle coopératif.

Carrefour France, partenaire clé de l'association, a déjà signé une première convention pour un approvisionnement de 200 tonnes de sucre bio par an. Une nouvelle convention est en cours de négociation.

ASKABIO appelle les agriculteurs et les partenaires institutionnels à se mobiliser pour faire émerger une filière de sucre de canne bio 100 % réunionnais. L'association promet un accompagnement technique aux agriculteurs qui veulent se lancer dans la conversion.

Des démonstrations de techniques de mécanisation et d'engrais organiques homologués bio sont prévues. L'association rappelle aussi le soutien financier de l'État pour cette transition.

Selon Thierry Silotia, « beaucoup de petites exploitations vont disparaître si nous ne parvenons pas à valoriser leur travail ». Les agriculteurs voient dans le bio une part de l'avenir de la canne, avec la réduction des herbicides et la demande croissante pour une alimentation plus saine.

Réunis sur la parcelle de Saint-Benoît, les planteurs s'accordent : malgré le chemin qui reste à parcourir, la filière canne bio progresse. « La canne bio est loin d'avoir dit son dernier mot », concluent-ils.

0 commentaire

Écrivez votre commentaire...
💬

Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier !