Le label Nou la fé, lancé en 2009 pour mettre en valeur les produits réunionnais, ouvre ses portes aux entreprises de services. Une évolution qui répond aux attentes des professionnels et des consommateurs locaux.
Seize ans après sa création, le label Nou la fé prend un nouveau virage. « En 2009, nous avons voulu permettre aux produits locaux de se distinguer des importations. Aujourd'hui, les services font face à une concurrence déloyale avec des emplois délocalisés vers des pays à coûts réduits. Les entreprises réunionnaises de service souhaitent se différencier, et nous sommes ravis de les accueillir », explique Thierry Reydellet, secrétaire général de l'Adir.
Le bilan du label parle de lui-même : 50 entreprises, 120 marques et plus de 5 000 produits labellisés. « Neuf Réunionnais sur dix connaissent Nou la fé ; le logo influence directement l'acte d'achat. 82 % valorisent le savoir-faire local et 89 % estiment qu'il contribue à maintenir l'emploi. Il y avait une réelle attente pour l'ouverture aux services », confirme Jean Larrègle, coordinateur du label.
Les entreprises candidates – commissaires aux comptes, experts-comptables, bureaux d'études, centres de formation, cabinets RH ou juridiques – devront satisfaire à des critères précis. Parmi les conditions : un siège social sur l'île, 90 % des effectifs localisés, au moins 40 % du chiffre d'affaires alloué à la masse salariale, et un audit indépendant portant sur 30 critères. « Défendre la production locale de services est crucial dans les années à venir. Les services dominent désormais la majorité des secteurs productifs. Face à la concurrence nationale et internationale, nous devons trouver les moyens de nous démarquer », insiste Laurent Lemaître, président du Synter.
Les professions réglementées adhèrent à cette démarche. « Les commissaires aux comptes sont des acteurs discrets mais essentiels de l'économie : 130 professionnels certifient chaque année 21 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 60 000 emplois. Ce label est une évidence et reflète pleinement notre mission. Choisir ce label, c'est soutenir la dynamique économique du territoire », précise Laurielle Moussa, présidente de la CRCC.
Même constat chez les experts-comptables : « Notre profession est exposée à la concurrence extérieure. Nous sommes 280 sur le territoire et accompagnons les projets de croissance locale. L'accord APE (Accord de partenariat économique avec des pays étrangers) ouvre la porte à des prestataires étrangers, rendant le label encore plus pertinent. Il reflète nos missions et garantit la qualité des services réunionnais », observe Karim Moussa, conseiller à l'ordre.
Pour Élodie Cortes, présidente du Cinov Réunion-Mayotte, « le label séduira aussi par son aspect qualitatif. Il défend les intérêts locaux face à la concurrence hexagonale et offre aux donneurs d'ordre un repère clair dans leurs choix de prestations ».
Thierry Reydellet rappelle l'enjeu des marchés publics : « Mettre en avant la RSE et l'ancrage territorial est souvent perçu comme une contrainte. Avec Nou la fé, cette contrainte devient une opportunité : la labellisation facilite l'accès aux marchés et renforce la confiance des commanditaires ».
Les premiers audits sont prévus en novembre, et les premiers services labellisés pourraient être annoncés dès décembre.


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