À partir du lundi 17 août, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) devait commencer à notifier individuellement les contribuables dont les données ont été exposées lors d'une cyberattaque survenue fin juin. Près de 678 000 comptes, particuliers et professionnels confondus, seraient touchés par cette fuite.
Selon Matignon, « les contribuables concernés seront contactés individuellement à compter de lundi 17 août, avec le détail des données susceptibles d'avoir été exposées et les mesures de vigilance à adopter ». Ces notifications sont transmises par courriel ou par courrier. Une cellule interministérielle de crise devait se réunir le même jour pour s'assurer du bon déroulement de cette campagne d'information.
Le site spécialisé French Breaches détaille la répartition : environ 393 000 particuliers et 285 000 professionnels auraient été concernés. Pour les particuliers, les données potentiellement exposées comprennent les noms et prénoms, le revenu fiscal de référence, le quotient familial et le taux de prélèvement à la source. Pour les professionnels, figureraient le numéro Siren, l'adresse de l'entreprise et des informations relatives au mandataire.
French Breaches signale par ailleurs que le fichier contiendrait des profils à hauts revenus : environ 27 000 personnes auraient un revenu fiscal de référence supérieur ou égal à 100 000 euros, 386 dépasseraient le million d'euros et huit les 10 millions d'euros. Les pirates soupçonnés d'être à l'origine de l'intrusion auraient également mené une seconde attaque ciblant des données cadastrales — adresses et surfaces de biens immobiliers.
La DGFiP précise que les informations dérobées ne permettent pas d'accéder directement à l'espace sécurisé d'un contribuable sur impots.gouv.fr. Le risque est ailleurs : ces données peuvent servir à monter des escroqueries — hameçonnage imitant les services fiscaux, faux courriels de remboursement, demandes de régularisation, usurpations d'identité. La précision des informations en possession des pirates rend ces tentatives potentiellement difficiles à détecter. Les personnes notifiées sont invitées à se méfier de tout message réclamant des informations personnelles, bancaires ou une action urgente.
Le fichier issu de la cyberattaque aurait été proposé à la vente pour plusieurs milliers d'euros. À ce stade, rien ne permet d'établir s'il a trouvé acquéreur.


6 commentaires
Le vrai danger c'est le spear phishing avec des données aussi précises. Si un attaquant connaît ton revenu fiscal exact et ton quotient familial, il peut construire un mail d'hameçonnage quasi indétectable. La DGFiP dit que l'accès à impots.gouv.fr n'est pas compromis, ok, mais la surface d'attaque sociale elle est massive. Activez la double authentification partout où vous pouvez, et méfiez-vous de n'importe quel mail qui parle de remboursement ou de régularisation urgente.
Moin lé pas rassurée du tout avec tout ça. Mon fils m'a appelée hier pour me dire de faire attention aux faux mails des impôts, et franchement on comprend pas toujours ce qu'il faut faire ou ne pas faire. À notre époque on avait pas ces problèmes-là, on allait au guichet et voilà. Maintenant nos papiers se retrouvent à vendre sur internet, c'est quand même quelque chose.
@Jean-Claude B., votre anecdote se comprend, mais il faut préciser une chose importante : la DGFiP a mis en place une cellule dédiée justement pour éviter de saturer les accueils fiscaux ordinaires. Les contribuables concernés recevront une notification, et c'est à partir de cette notification qu'ils devront agir, pas avant. Appeler les centres sans avoir reçu le courriel ou le courrier ne sert à rien de concret à ce stade. Ce que l'article explique bien en revanche, c'est que le vrai danger n'est pas l'accès direct aux comptes impots.gouv.fr, mais bien les tentatives d'hameçonnage qui vont suivre, et là la vigilance doit être maximale.
Ici à Salazie on entend pas trop parler de ça, les domoun sont pas forcément au courant. Faudrait que quelqu'un explique simplement ce que ça veut dire pour les petits producteurs comme nous qui ont un compte professionnel aux impôts. Moi je sais même pas si je suis concernée, j'attends un courrier qui viendra peut-être jamais.
Mon école de surf c'est une petite structure, on a un numéro Siren et c'est tout. Si nos infos pro se baladent sur le dark web là ça craint vraiment. On galère déjà assez avec l'admin.
J'avais un client dans ma voiture la semaine dernière, il bossait aux impôts, et il m'a dit que ses collègues étaient complètement dépassés par les appels depuis que la nouvelle est sortie. Les gens appellent pour savoir si c'est eux, si leur compte est vide, si quelqu'un va venir sonner chez eux. La panique, quoi. Moi j'ai reçu aucun mail pour l'instant mais bon, ça veut rien dire avec ces histoires de délais.