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Licenciement de l'attachée du député Rivière : l'affaire aux prud'hommes

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Licenciement de l'attachée du député Rivière : l'affaire aux prud'hommes

Harcèlement moral et licenciement : le député RN Joseph Rivière aux Prud’hommes face à son ex-collaboratrice - Crédit Zinfos974 - Social


L'audience s'est tenue vendredi 21 août devant le conseil de prud'hommes. Murielle Martin, ancienne attachée parlementaire du député Rassemblement national de la 3e circonscription Joseph Rivière, conteste son licenciement et dénonce un harcèlement moral. La décision sera rendue le 12 septembre.

La rupture du contrat remonte au début de l'année 2025. Murielle Martin a reçu une convocation à un entretien préalable le 17 janvier, l'entretien s'est tenu le 29 janvier, et le licenciement a été notifié le 30 janvier. Son avocate, Me Laetitia Chassevent, soutient que le délai légal de deux jours ouvrables entre l'entretien et la notification n'a pas été respecté.

La défense a décrit une dégradation progressive des conditions de travail : sollicitations en soirée, le week-end, un message envoyé à 3h du matin, mise à l'écart au profit d'un collègue, absence de badge d'accès au local. Murielle Martin aurait parfois travaillé dans la cuisine ou dans la boulangerie voisine. Me Chassevent a également pointé l'absence d'inscription à la médecine du travail, le non-respect des temps de repos, des arrêts maladie qui n'auraient pas été transmis à la Sécurité sociale, et une annonce publique du licenciement sur les réseaux sociaux.

Joseph Rivière était absent à l'audience. Son avocate, Me Lydie Delmotte, a contesté ces accusations, affirmant que les griefs reprochés à l'ancienne salariée sont « existants », « présents » et « avérés », pièces à l'appui. Sur les messages tardifs, elle a invoqué le contexte d'un début de mandat chargé et le décalage horaire entre Paris et La Réunion, précisant qu'ils ne nécessitaient pas de réponse immédiate. Elle a aussi évoqué une animosité entre Murielle Martin et un autre assistant parlementaire. « La confiance a disparu », a-t-elle résumé, ajoutant que le député « regrette » la situation et rappelant que son ancienne attachée avait été sa directrice de campagne.

À la sortie de l'audience, Murielle Martin s'est dite très émue. Elle a évoqué trois mois sans salaire après sa mise à pied. « Je suis une femme seule. Je n'ai pas de soutien. Il a fallu faire face à tout toute seule », a-t-elle dit. Elle a tenu à écarter toute lecture politique de l'affaire. « C'est pas du tout un dossier politique comme on a voulu essayer de le faire croire. C'est vraiment que de l'humain. » L'absence du député à l'audience l'a marquée : « J'aurais aimé pouvoir échanger avec lui. J'aurais aimé quelque part pacifier la chose. »

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6 commentaires

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F
Fifi430 21/08/2026 à 15:10

@Alex, tu soulèves un bon point sur le délai de notification. Pour préciser : l'article L.1232-6 du Code du travail impose effectivement un délai minimum de deux jours ouvrables entre l'entretien préalable et l'envoi de la lettre de licenciement. Si l'entretien s'est tenu le 29 janvier et la notification a été faite le 30, c'est bien problématique, à moins que la défense apporte une explication sur le mode d'envoi et la date réelle de réception. C'est souvent là que ça se joue, sur le cachet de la poste plutôt que sur la date de rédaction.

R
Rafiki 21/08/2026 à 14:31

@PépéBassin, t'as bien dit les choses. Moi je pense à tous ceux qui grimpent Mafate ou Cilaos avec moi, des gens qui connaissent chaque sentier, chaque gîte, et qui parfois se retrouvent sans rien après des années de service. Travailler dans la cuisine ou la boulangerie d'à côté faute d'un bureau, c'est une image qui reste. On dirait un randonneur qu'on laisse dormir dehors alors que le gîte est ouvert.

T
TataYoyo 21/08/2026 à 13:19

Ce qui me touche c'est qu'elle dit qu'elle voulait juste pacifier les choses avec lui, et lui il a même pas pris la peine de venir. La directrice de campagne, celle qui a mouillé le maillot pour le faire élire, on la traite comme ça après ? Moin lé désolée, mais i fo quand même un peu de reconnaissance dans la vie. On n'élève pas les enfants comme ça, et on ne gère pas les gens comme ça non plus.

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Roselyne 21/08/2026 à 13:12

Trois mois sans salaire c'est pas rien. Ici dans les hauts quand y'a une mauvaise saison on serre la ceinture, mais on a au moins la terre et ce qu'elle donne. Cette femme elle avait rien pour tenir, et ça on dirait que ça intéresse personne.

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Alex 21/08/2026 à 13:07

L'argument du décalage horaire Paris-Réunion pour justifier un message à 3h du matin, ça tient vraiment ? Le décalage c'est 3h, donc ça fait minuit à Paris, ce qui n'est pas non plus une heure de travail normale. J'aurais aimé que l'article creuse un peu plus la réponse de l'avocate de la défense sur ce point précis, parce que là ça ressemble surtout à un argument de façade.

P
PépéBassin 21/08/2026 à 13:04

Quand quelqu'un qui a tout donné pour te faire gagner se retrouve à travailler dans une boulangerie faute de bureau, c'est triste. La mer elle aussi sait pas toujours récompenser ceux qui la servent le mieux.