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La Réunion face à sa pire sécheresse : un milliard pour l'eau

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La Réunion face à sa pire sécheresse : un milliard pour l'eau

Sécheresse à La Réunion : quels sont les projets prévus pour sécuriser la ressource en eau ? - Crédit Zinfos974 - Société


Près de 1 000 mm de précipitations enregistrés sur la saison 2025-2026, contre 1 740 mm attendus : un déficit de 45 % qui a plongé La Réunion dans sa période de sécheresse la plus sévère depuis soixante ans. Rivières asséchées, nappes phréatiques à des niveaux historiquement bas, températures hivernales records — des restrictions sur les usages non essentiels ont été mises en place, tandis que le Département, l'Office de l'eau et la Saphir avancent plusieurs projets d'infrastructure pour sécuriser l'approvisionnement à long terme.

Le dispositif ILO, achevé en 2016, assure le transfert d'eau entre l'Est et l'Ouest de l'île, vers les communes du Port, de La Possession, de Saint-Paul, des Trois-Bassins et de Saint-Leu. Alimenté par les rivières du Mât, de Fleurs Jaunes, des Galets et le Bras de Sainte-Suzanne, il peut mobiliser jusqu'à 97 millions de m³ par an. Seuls 29 millions de m³ sont aujourd'hui exploités, soit environ 30 % de sa capacité. Cyrille Melchior, président du Conseil départemental, précise que ces prélèvements s'effectuent en aval des captages destinés à l'eau potable et n'affectent donc pas les réserves des communes concernées.

Le prochain grand chantier s'appelle MEREN. Estimé à 465 millions d'euros, ce projet doit prolonger le réseau ILO vers les micro-régions Nord et Est, pour desservir populations et agriculteurs. Il permettrait d'acheminer jusqu'à 30 millions de m³ d'eau par an et d'irriguer plus de 6 000 hectares de terres agricoles. Le recours aux eaux usées traitées de la station d'épuration du Grand Prado est également envisagé pour les besoins agricoles. Les travaux devraient démarrer d'ici dix-huit mois, après près de vingt années de préparation, selon Serge Hoareau, président de la Saphir et premier vice-président du Département.

Un troisième projet, PRODEO, vise à acheminer l'eau au-delà de 600 mètres d'altitude pour alimenter les secteurs situés entre 800 et 1 200 mètres, un dispositif déjà engagé dans le Sud de l'île. Cyrille Melchior y voit un moyen de « garantir la sécurité des populations, la pérennité de l'agriculture et l'équilibre du territoire ».

Sur le plan institutionnel, la Saphir doit prochainement évoluer vers un statut de Société publique locale, afin d'ouvrir davantage son capital et de renforcer sa coopération avec la Cirest et la Cinor. Au total, près d'un milliard d'euros devront être mobilisés pour financer l'ensemble de ces infrastructures.

« L'environnement évolue, nous ne retrouvons plus les mêmes conditions qu'il y a vingt ou trente ans », résume Serge Hoareau. Le décalage entre le temps de gestation des grands ouvrages hydrauliques et l'accélération du changement climatique reste l'équation centrale à laquelle le territoire doit répondre.

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5 commentaires

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P
PtiBatik 05/08/2026 à 14:27

Pour mes teintures naturelles, l'eau c'est tout. Cette saison lé pa fasil, j'ai dû adapter mes quantités, revoir mes recettes. On parle d'infrastructures pour les agriculteurs et les communes, c'est bien, mais les petits artisans qui dépendent de l'eau au quotidien, j'espère qu'on est dans les usages qu'on ne va pas couper en premier.

K
KékéSurf 05/08/2026 à 14:22

Saint-Leu ça commence à se voir aussi en mer, les rivières qui déversent moins d'eau douce ça change les conditions near shore, la faune se déplace et les spots évoluent. Un milliard c'est un gros chiffre mais si on attend encore vingt ans comme dit Jean-Claude B., on aura plus grand chose à protéger.

N
Naïma94 05/08/2026 à 13:14

Question concrète : les restrictions sur les usages non essentiels, ça concerne aussi les cabinets de soins et les professions libérales de santé ?

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Rafiki 05/08/2026 à 13:09

Ce que l'article ne dit pas, c'est ce qu'on voit sur le terrain depuis plusieurs mois. La rivière des Galets, que je traverse régulièrement avec mes groupes depuis le bas de la Plaine des Cafres, a des niveaux que je n'avais jamais observés en dix ans de randonnées. Certains passages à gué qu'on faisait les pieds à peine mouillés sont maintenant à sec sur plusieurs dizaines de mètres. Quand on parle de 45 % de déficit pluviométrique, c'est abstrait sur le papier, mais en forêt ça se voit à l'état de la végétation, aux fougères jaunies, aux espèces endémiques qui stressent. Un milliard pour l'eau, c'est colossal, mais j'aimerais qu'on parle aussi de ce qui arrive à nos écosystèmes pendant qu'on attend que les infrastructures sortent de terre.

J
Jean-Claude B. 05/08/2026 à 13:02

J'ai des clients qui travaillent à la Saphir, et dans mon taxi i disent tous la même chose : ça fait vingt ans qu'on parle de MEREN, vingt ans. Là on nous annonce les travaux dans dix-huit mois, on a entendu ça déjà au moins trois fois. Après, faut espérer que cette fois c'est la bonne, parce que les agriculteurs de l'Ouest i souffrent vraiment, ça lé pa fasil pour eux cette saison.