Les représentants des grévistes de Derichebourg Océan Indien ont été reçus ce mardi matin par les élus de la CIVIS, à la demande des organisations syndicales, alors que la collecte des déchets reste perturbée sur une partie du territoire.
Cette réunion fait suite à une commission de conciliation organisée la veille à la DEETS, qui n'a pas permis de rapprocher les positions. Les syndicats ont alors demandé à rencontrer le donneur d'ordre, posant directement la question d'une éventuelle rupture du contrat : « Est-ce qu'il faut arrêter ? Trouver un nouveau prestataire qui reprendra le personnel ? »
À l'issue de la réunion, la CIVIS a jugé que le dialogue social au sein de l'entreprise « apparaît aujourd'hui insuffisant ». Tout en rappelant qu'elle n'est pas partie au conflit, l'intercommunalité a appelé la direction nationale de Derichebourg à s'impliquer davantage. « Les revendications exprimées par les salariés méritent d'être écoutées et discutées. Il appartient désormais à la direction de l'entreprise et aux salariés d'engager un véritable dialogue afin de trouver une issue rapide à cette crise », a déclaré Mathieu Hoarau, vice-président délégué à l'environnement et à la gestion des déchets, précisant que « les habitants de notre territoire ne peuvent continuer à subir les conséquences de cette situation ».
Du côté syndical, Force Ouvrière a révélé dans un communiqué diffusé dans la nuit de lundi à mardi que l'intersyndicale avait revu à la baisse sa principale revendication, ramenant de 4 500 à 3 000 euros le montant de la prime exceptionnelle demandée. Sans succès. FO conteste par ailleurs le chiffre de 11,2 % de hausse globale de rémunération avancé par la direction, estimant qu'il additionne des augmentations pérennes, des primes ponctuelles et divers avantages, sans refléter l'évolution réelle des salaires. Le syndicat dénonce également le recours à un prestataire extérieur pour assurer une partie de la collecte, y voyant un moyen d'affaiblir les négociations en cours.
Aucun nouveau rendez-vous n'a été annoncé. La grève est maintenue et la collecte continue d'être assurée par ce prestataire, dont les frais d'intervention sont pris en charge par Derichebourg Océan Indien, conformément aux dispositions du marché.


4 commentaires
Dans une coopérative, quand y'a un désaccord sur la répartition, on se met autour de la table et on cherche ensemble. Si la direction nationale ne juge pas utile de faire le déplacement pour ses propres salariés, c'est qu'elle n'a pas compris ce que c'est de gérer des gens qui se lèvent à 4h du matin pour ramasser les ordures, un peu comme nos chauffeurs qui partent avant le soleil pour livrer la canne. À un moment, lé pou nou de mettre la pression pour que ça bouge.
Aucun nouveau rendez-vous annoncé. Ça dit tout.
La CIVIS interpelle la direction nationale, c'est quand même un signal fort. Ce qui me choque c'est qu'il a fallu attendre que les poubelles restent sur le trottoir pour que tout le monde se réveille. Le dialogue social lé pa fasil à construire quand une entreprise gère ça depuis Paris sans vraiment connaître le terrain ici.
Nous à Salazie on commence à voir les poubelles qui débordent au bord de la route, c'est pas beau à voir pour les familles du cirque. J'espère que ça va se régler vite, on a bien assez de soucis avec les pluies de ce mois-ci sans que les ordures s'accumulent en plus.