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La facture énergétique de La Réunion a doublé en trois ans

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La facture énergétique de La Réunion a doublé en trois ans

À La Réunion, la fin du charbon fait exploser le coût de production de l'électricité - Crédit Zinfos974 - Société


La facture énergétique de La Réunion a quasiment doublé en trois ans, passant de 599,4 millions d'euros en 2021 à 1,19 milliard d'euros en 2024, soit une hausse de près de 99 %. C'est le principal enseignement d'une étude publiée par l'Observatoire Énergie Réunion, consacrée au coût de la dépendance énergétique entre 2021 et 2024.

Le paradoxe est flagrant : les volumes d'énergie importés sont restés quasi stables sur la période, avec une progression de seulement 2,4 %. Ce sont les prix qui ont tout changé. La conversion des centrales de Bois-Rouge, du Gol et de Port-Est aux pellets de bois et au biodiesel a certes permis à l'île d'afficher un mix électrique composé à plus de 90 % d'énergies renouvelables. Mais ces combustibles, eux aussi importés, coûtent nettement plus cher que le charbon ou le fioul qu'ils ont remplacés.

L'Observatoire résume le constat en une formule : la transition « réduit presque entièrement la part des énergies fossiles dans le mix électrique sans réduire la dépendance énergétique du territoire ». Elle « modifie profondément la nature » de cette dépendance, désormais orientée vers des ressources renouvelables importées « dont le coût unitaire est nettement plus élevé ».

Le coût moyen d'achat de l'électricité issue des filières reposant majoritairement sur des ressources importées est ainsi passé de 268,7 €/MWh en 2021 à 427 €/MWh en 2024, un niveau inédit — et même un record national selon l'étude. Dans le même temps, le coût moyen des filières locales a reculé, de 425,3 €/MWh à 366,1 €/MWh. Les combustibles importés représentent désormais plus de 80 % de la valeur d'achat de l'électricité classée en catégorie « biomasse », contre environ 22 à 30 % auparavant pour les anciennes centrales bagasse-charbon.

Cette mutation se lit aussi dans les comptes du territoire. Les importations énergétiques atteignent 5,5 % du PIB réunionnais en 2024, contre 2,9 % en 2021. Ramenée à la population, la facture frôle 1 336 euros par habitant. Pour la première fois, la production d'électricité devient le premier poste de dépense énergétique, devant les carburants destinés aux transports.

L'étude ne remet pas en cause la sortie du charbon. Elle considère en revanche que les biomasses importées doivent être traitées comme une solution transitoire ou d'appoint. Pour réduire durablement l'exposition aux marchés extérieurs, l'Observatoire Énergie Réunion estime que « la réduction de la dépendance économique passe désormais autant par la maîtrise de la demande que par la substitution progressive des combustibles importés par des ressources produites localement », à condition d'être accompagnée de capacités de stockage et de flexibilité du réseau.

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