Le gouvernement envisage de doubler le plafond annuel des franchises médicales, en le faisant passer de 100 à 200 euros par patient. La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé la mesure ce jeudi 23 juillet sur RMC, indiquant qu'un décret pourrait paraître « dès cet été ».
Les montants prélevés à chaque acte resteraient inchangés : 2 euros par consultation ou acte médical, 1 euro par boîte de médicaments. C'est uniquement le plafond annuel qui évoluerait. Actuellement fixé à 50 euros pour les médicaments et 50 euros pour les consultations, soit 100 euros au total, il passerait à 100 euros pour chacune de ces deux catégories, portant le cumul maximal à 200 euros par an.
Pour justifier cette révision, Stéphanie Rist a rappelé que ces plafonds « n'ont pas évolué depuis 20 ans ». La ministre y voit un moyen de financer le système de santé et de poursuivre les investissements dans les hôpitaux, tout en garantissant l'accès aux soins et aux traitements les plus performants.
Le gouvernement tient à distinguer cette mesure d'une hausse des franchises elles-mêmes, hypothèse discutée lors des débats budgétaires sur la Sécurité sociale avant d'être abandonnée. Seul le plafond annuel serait revu à la hausse.
Environ 18 millions de personnes ne sont pas concernées par ces franchises, notamment les mineurs et les femmes enceintes.


6 commentaires
@Jean-Marc, tu mets le doigt dessus. Moi je fais mes tournées à Saint-Pierre, je vois les patients qui repoussent leurs renouvellements d'ordonnance parce que le mois est dur. Ce n'est pas 100 euros de plafond en plus qui va les faire renoncer aux soins, c'est déjà la réalité quotidienne qui le fait. Ce qui m'inquiète, c'est l'effet cumulé sur les profils fragiles qui ne rentrent pas dans les cases CSS et ne touchent pas aux minima sociaux, mais vivent quand même dans une vraie précarité. À La Réunion ce profil-là, lé pa rare.
Une précision utile : les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (CSS) sont exonérés de ces franchises, ce que l'article ne mentionne pas. À La Réunion, où le taux de bénéficiaires de la CSS est significativement plus élevé qu'en métropole, une partie de la population est donc déjà protégée de cette évolution. Cela ne change pas le débat de fond, mais c'est un élément de contexte important.
"Ces plafonds n'ont pas évolué depuis 20 ans" est présentée comme une justification suffisante, mais est-ce que quelqu'un a chiffré l'impact réel sur les renoncements aux soins ? Parce que dire que les montants par acte ne bougent pas c'est vrai, mais si le plafond double, les patients chroniques paieront deux fois plus longtemps avant d'être protégés. C'est pas rien comme effet.
100 euros de plus par an sur les franchises, franchement ça passe pour moi. Mais mes gars sur le chantier qui gagnent le SMIC et qui ont trois gosses, c'est pas la même musique. Y'a des familles où chaque consultation c'est déjà une réflexion, alors doubler le plafond sans toucher les mutuelles complémentaires ça règle pas grand chose sur le fond.
Les artisans comme moi on a pas de mutuelle d'entreprise, pas de médecin du travail, rien. Chaque euro prélevé en plus sur les soins, c'est une couleur en moins dans mon stock de tissu. On nous demande de créer, d'innover, de faire vivre la culture péi, mais les charges invisibles s'accumulent doucement et personne ne les voit.
Pour être précise : le plafond actuel est de 50 euros sur les médicaments et 50 euros sur les consultations, donc le doublement porte bien sur chaque sous-catégorie séparément, pas sur un bloc unique de 100 euros. C'est un détail qui compte quand on gère ses remboursements à l'année. Pour les patients chroniques qui atteignent déjà le plafond en mars ou avril, l'impact sera concret et immédiat dès 2026 si le décret passe cet été.