La cour d'appel de Paris a condamné Marine Le Pen, ce mardi, à trois ans de prison dont un an ferme aménagé sous bracelet électronique, dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national. La dirigeante du Rassemblement national écope également d'une amende de 100 000 euros et de 45 mois d'inéligibilité, dont 30 mois avec sursis.
La peine d'inéligibilité ferme est ramenée à 15 mois, une partie ayant déjà été purgée entre le premier jugement et l'arrêt d'appel. Marine Le Pen conserve donc, à ce stade, la possibilité légale de se présenter à l'élection présidentielle de 2027, sous réserve de l'exécution de sa peine.
Cette décision tranche avec ses propres déclarations des derniers mois. Marine Le Pen avait affirmé à plusieurs reprises, notamment lors d'une interview sur LCI, qu'elle ne briguerait pas la présidentielle si elle devait mener campagne sous bracelet électronique.
L'affaire porte sur l'emploi d'assistants parlementaires européens entre 2009 et 2016. Il lui était reproché d'avoir rémunéré quatre assistants sur les crédits du Parlement européen alors qu'ils travaillaient pour le Front national. Elle était également poursuivie pour complicité des détournements imputés à d'autres eurodéputés du parti, après avoir pris la tête du FN en 2011. Le parquet général l'avait désignée comme la « tête » et l'« instigatrice » d'un système ayant permis, selon l'accusation, de détourner 1,4 million d'euros de fonds européens.
Le parquet avait requis quatre ans de prison dont un an ferme, une amende de 100 000 euros et cinq ans d'inéligibilité.


6 commentaires
@Olivier, t'as mis le doigt dessus. À Lo Port, on a vu des gars perdre leur emploi pour bien moins que ça, et sans avocat payé par un parti derrière eux. 1,4 million d'euros pris sur des fonds publics, des années de combine, et on débat encore si elle peut revenir en campagne. La justice lé pa fasil à égalité pour tout le monde, et ça, ça date pas d'hier.
Ce qui m'interpelle dans cette affaire, c'est moins la peine elle-même que le signal envoyé sur la durée. Sept ans de procédure, des recours, des aménagements successifs, et au bout du compte une inéligibilité ferme ramenée à 15 mois parce qu'une partie a déjà coulé pendant l'instruction. Est-ce que notre système judiciaire est calibré pour traiter ce type de délit financier commis par des élus dans des délais qui aient encore un sens politique ? Ce n'est pas une question partisane, c'est une question de cohérence institutionnelle.
Article clair, merci.
Franchement ça me laisse sans voix. On parle d'argent du Parlement européen, donc en partie de nos impôts à nous tous, utilisé pour financer un parti politique. Et la peine ferme tombe à 15 mois parce qu'une partie a déjà été purgée entre deux jugements, je comprends même plus comment ça fonctionne cette justice.
Nous à la coopérative, si on détourne même 500 euros de la caisse commune, on est dehors sans appel et on rend des comptes à tout le monde. 1,4 million sur des fonds publics européens et on discute encore de savoir si elle peut être candidate, lé pa fasil à comprendre pour le citoyen ordinaire.
Moi j'ai vécu assez longtemps pour voir que la justice prend son temps, mais elle finit toujours par passer. Ce qui me choque c'est quand même 1,4 million d'euros, de l'argent public, pendant des années. Et on parle de se présenter à la présidentielle après ça ? Les valeurs que j'essaie de transmettre à mes petits-enfants, elles ressemblent pas à ça.