Les opérateurs nautiques de Mayotte ont décidé de suspendre leur appel à manifestation, qui devait débuter ce lundi 6 juillet. Cette décision fait suite à une réunion de concertation entre acteurs institutionnels et représentants des professionnels de la mer.
Le Cluster Tourisme de Mayotte, association regroupant plusieurs acteurs économiques de la filière touristique, explique dans un communiqué que cette suspension découle « des engagements pris par le Département-Région, qui s'est engagé à lancer, dans les prochaines semaines, les démarches nécessaires à la mise en place d'un ponton d'urgence à Dzaoudzi, ainsi qu'à faire avancer les autres sujets soulevés par les professionnels ». La Préfecture est également saluée pour « l'attention particulière qui sera donnée quant au respect du calendrier annoncé ».
Suspendre ne signifie pas renoncer. Les professionnels disent vouloir « privilégier le dialogue et laisser aux engagements pris le temps de se concrétiser », mais se déclarent « particulièrement vigilants quant au respect des échéances annoncées ». Le communiqué est sans ambiguïté : « À défaut de résultats concrets ou si les délais annoncés n'étaient pas respectés, les professionnels se réservent le droit de relancer un mouvement de mobilisation et d'organiser une nouvelle manifestation afin de défendre leurs intérêts légitimes ».
Ce bras de fer avait connu un premier épisode le lundi 18 mai au matin, quand les opérateurs nautiques avaient temporairement bloqué les quais de Mamoudzou et de Dzaoudzi, perturbant la circulation entre Grande-Terre et Petite-Terre. Leurs revendications portaient sur les conditions d'exercice du métier et l'absence d'infrastructures adaptées.


6 commentaires
@Sébastien V., exactement, c'est du game theory de base : tu gardes ton option de relancer le mouvement comme une carte en main, ça change complètement le rapport de force dans la négo. Les institutions le savent, les pros le savent, tout le monde joue avec cette info. La vraie question c'est si le ponton sort dans les délais ou si dans six mois on est de retour à la case départ.
Chez nous dans le BTP on connaît bien ça : tu attends des mois une décision, tu relances, on te dit que c'est en cours, et au final tu bloques le chantier pour qu'on te rappelle. Ces gars ont bien fait de mettre la pression en mai, sans ça y'a pas eu de réunion. La vraie question c'est dans trois mois, est-ce que le ponton il est en place ou est-ce qu'on reçoit un nouveau courrier qui explique les délais supplémentaires.
Bien de suspendre plutôt que d'escalader, c'est courageux comme décision quand on est en colère. Mais i fo vraiment que le ponton arrive, pas des promesses qui traînent ankor six mois.
La formulation "suspension" plutôt que "fin" du mouvement est un signal clair envoyé aux institutions : les professionnels gardent leurs cartes en main. On reconnaît là une posture de négociation rodée. La question qui reste entière, c'est celle du calendrier réel de mise en oeuvre. Les engagements de principe sont souvent généreux, c'est leur traduction opérationnelle qui accroche. On verra dans quelques semaines si le Département-Région a les moyens de tenir ce qu'il a annoncé.
J'ai une cliente qui part à Mayotte voir sa famille le mois prochain, elle m'en parlait justement en faisant ses cheveux. Elle me disait que la liaison entre les deux terres c'est toute la vie là-bas, que quand ça bloque c'est un peu comme si on coupait la route nationale ici. J'espère que leur ponton arrive vite !
Ce qui me frappe dans ce type de conflit, c'est que les professionnels ont dû bloquer des quais pour qu'on daigne les recevoir autour d'une table. Dans n'importe quelle entreprise correctement gérée, on n'attend pas que les gens descendent dans la rue pour s'occuper de leurs conditions de travail. Un ponton d'urgence, ça ne s'improvise pas en quelques semaines après des années d'attente, j'espère que les engagements pris seront tenus cette fois.