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Saint-Paul vote 3 millions d'euros pour sauver sa rentrée scolaire

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Saint-Paul vote 3 millions d'euros pour sauver sa rentrée scolaire

Saint-Paul : face à la baisse des contrats aidés, la municipalité débloque 3 millions d’euros pour sécuriser la rentrée - Crédit Zinfos974 - Politique


Face à la chute brutale des quotas de contrats aidés alloués par l'État, la mairie de Saint-Paul a voté un budget d'urgence de trois millions d'euros pour assurer la rentrée d'août prochain dans les 66 écoles de la commune.

Les chiffres donnent la mesure du problème. Sur les 1 600 agents que compte la collectivité, 429 occupent un poste en contrat Parcours Emploi Compétences, soit 27 % des effectifs. Ces personnels assurent l'entretien des classes, la surveillance aux abords des établissements, la restauration de 13 000 rationnaires par jour, la prise en charge de 544 enfants sous protocole médicalisé et l'accompagnement des élèves à Mafate. Les contrats affectés aux affaires scolaires représentent 287 postes, ceux dédiés à la restauration 165.

La cause directe : la réduction des quotas de contrats PEC à La Réunion, passés de 10 000 en 2025 à 4 000 en 2026. Pour Saint-Paul, cela se traduit par seulement 91 contrats disponibles pour l'année à venir, avec une durée et un taux de prise en charge revus à la baisse. En conseil municipal, le maire Emmanuel Séraphin a qualifié la prochaine rentrée de « particulièrement incertaine » et dénoncé « le désengagement progressif de l'État, qui diminue continuellement son soutien financier tout en transférant une part toujours plus importante des charges aux collectivités locales ».

La majorité a voté une motion pour contester officiellement la décision. La première adjointe Nila Radakichenin a précisé le grief : « Ce que nous contestons, c'est la méthode. Ce que nous contestons, c'est la brutalité de la décision. Ce que nous contestons, c'est l'absence de transition suffisante. » Elle a réclamé une programmation pluriannuelle des moyens et demandé que les maires soient traités comme des partenaires de l'État.

Sur le plan opérationnel, la commune a acté le maintien de l'accueil périscolaire, du nettoyage des locaux, de la surveillance méridienne et de la restauration scolaire, au prix d'une réorganisation interne profonde. L'effort supplémentaire dépasse trois millions d'euros pour l'année scolaire 2026-2027. La situation est encore compliquée par la reprise en régie directe des services de garderie dans quatre écoles — La Grande Fontaine, Laperrière, Petite-France et Daly-ERAYA —, après que les associations partenaires ont cessé leur activité faute de contrats aidés.

La séance a également été marquée par un échange tendu sur la gratuité des fournitures scolaires, promise durant la campagne municipale mais reportée à la rentrée 2027. L'élue d'opposition Audrey Cesar a reproché au maire un manque d'anticipation, relevant que les 12 418 élèves de la commune ne bénéficieront pas de cette mesure dès août prochain. Emmanuel Séraphin a répondu que les commandes étaient déjà passées par les directions d'école lorsque la municipalité a mis en place ses structures en avril, rendant tout changement impossible pour cette rentrée. La gratuité sera mise en œuvre en concertation avec les équipes éducatives, a-t-il précisé, avec une effectivité prévue à la rentrée d'août 2027.

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3 commentaires

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Z
Zilo 03/07/2026 à 15:12

544 gosses sous protocole médicalisé gérés en partie par des contrats précaires, franchement ça craint. C'est le genre de truc qu'on découvre seulement quand le système plante.

A
Alex 03/07/2026 à 15:07

Article intéressant mais j'aimerais qu'on creuse un peu plus loin. La commune dit que la réorganisation interne absorbe le choc, mais concrètement ça veut dire quoi ? Des agents qui cumulent les tâches, des postes non remplacés, ou un recrutement direct en CDD classique ? Parce que présenter les 3 millions comme une solution alors que la cause structurelle reste entière, c'est mettre un pansement sur une fracture. Et la motion votée contre l'État, elle a une chance réelle d'aboutir à quelque chose ou c'est surtout symbolique ?

K
KékéSurf 03/07/2026 à 15:04

3 millions pour tenir la rentrée, c'est pas rien. Quand l'État coupe les budgets sans prévenir c'est toujours les communes qui ramassent la vague. Les marmaille de Saint-Paul méritent mieux que ça.