L'Établissement et Service d'Accompagnement par le Travail Tarehi, porté par l'Association Pour Adultes et Jeunes Handicapés (APAJH), a ouvert ses portes le 1er juillet 2026 à Dembéni, à Mayotte. Dix travailleurs en situation de handicap ont été recrutés pour lancer les premières activités, un an après la signature des conventions fondatrices.
Le démarrage est volontairement modeste. La structure peut accueillir jusqu'à 50 personnes, mais la direction a préféré constituer un premier groupe restreint, recruté dans le bassin de Dembéni. « Il y a eu un temps également où on devait sélectionner ces personnes parce qu'ils ne sont pas tous employables », explique Bibi Echati Moussa, directrice coordonnatrice des établissements APAJH à Mayotte. « On commence crescendo avec dix travailleurs de ce bassin de Dembéni et ceux-là vont travailler. »
Leur première mission porte sur l'entretien des espaces verts de la Ville de Mamoudzou, notamment place Mariage. Avant toute mise en situation sur le terrain, une phase de formation a été engagée. Des moniteurs spécialisés assureront un encadrement permanent. L'objectif affiché dépasse le cadre professionnel : « L'idée est surtout de travailler avec eux leur autonomie. Tout l'accompagnement qui est en train de se réaliser pour eux, consiste aussi à être capable de venir au travail tout seul et rentrer tout seul », précise Bibi Echati Moussa.
Le calendrier a pris du retard. Les conventions avaient été signées le 26 juin 2025 entre l'APAJH, la Communauté d'agglomération du Sud de Mayotte, la Ville de Mamoudzou, le SIDEVAM et le groupe Edeis Aéroport Mayotte. Jean-Louis Garcia, président de l'APAJH, a rappelé lors de la cérémonie qu'un moratoire national interdisait la création de nouvelles places en ESAT, levé pour l'outre-mer en avril 2023 : « cela prend toujours du temps ».
Le modèle retenu est celui d'un ESAT « hors les murs », pensé pour limiter les déplacements dans un territoire où la mobilité pose de réelles difficultés. « L'idée est de prendre des travailleurs de cette localité pour éviter les longues distances », indique la directrice. Les personnes ne pouvant pas travailler en extérieur resteront sur site à Dembéni, où un atelier de montage de lunettes doit être installé en partenariat avec la fondation Essilor, financé par l'ARS.
« Certes, mais on passe de zéro à cinquante », a résumé Jean-Louis Garcia lors de l'inauguration. Les besoins identifiés dépassent déjà la capacité prévue de 50 places. La montée en charge reste l'enjeu des prochains mois.


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