La Fédération réunionnaise du Parti socialiste a demandé ce mardi au conseil d'administration de la Caisse générale de Sécurité sociale (CGSS) de La Réunion de rejeter la candidature de Jean-Xavier Bello au poste de directeur de l'organisme. Dans un communiqué signé par Ericka Bareigts, première secrétaire fédérale, le parti juge que son bilan à la tête de la CGSS de Guyane ne plaide pas en sa faveur.
Le PS liste plusieurs dossiers survenus sous sa direction en Guyane. Le plus emblématique : l'acquisition d'un bâtiment à 10 millions d'euros, resté vide et inutilisable en raison d'infiltrations d'eau et de l'absence d'ascenseurs fonctionnels. Le communiqué pointe également des attributions de marchés publics aux « pratiques plus que douteuses ». Le conseil d'administration de la CGSS de Guyane a par ailleurs rejeté le budget 2025 de l'organisme, estimant ne pas pouvoir cautionner la gestion de Jean-Xavier Bello.
Sur le fond, la fédération socialiste refuse que La Réunion devienne « un placard doré où l'on recycle ceux qui ont failli ailleurs ». Elle considère que les Réunionnais méritent « des dirigeants compétents, transparents, ancrés dans la réalité de notre territoire » et que le futur directeur doit être choisi « pour ses compétences, son intégrité et sa connaissance du contexte réunionnais », et non « pour convenir à des arrangements parisiens ».
Le communiqué appelle les forces politiques et sociales de l'île à se mobiliser « pour défendre l'intérêt général » et se conclut ainsi : « La Réunion n'est pas une variable d'ajustement. La Réunion, ça se respecte. »


6 commentaires
@Sandrine, tu soulèves quelque chose d'important mais je me pose quand même la question : est-ce que le PS réunionnais nous donne les pièces justificatives ou juste un communiqué de presse ? Parce qu'un rejet de budget par un CA, ça peut aussi signifier un désaccord politique et pas forcément une faute de gestion avérée. Je veux bien m'indigner, mais sur des faits vérifiés, pas sur un document partisan.
Mes clients ils parlent que de ça ce matin. Une dame m'a dit qu'elle cotise toute sa vie pour avoir une sécu digne et que même les dirigeants qu'on leur met c'est des recalés d'ailleurs. Moi je paye mon loyer commercial chaque mois, si je gère mon magasin comme ce monsieur a géré son bâtiment à 10 millions, je suis à la rue en trois mois.
Chaque fois c'est pareil. On envoie quelqu'un qui a fait des dégâts ailleurs, et on nous dit que c'est le meilleur choix disponible. La mer elle pardonne pas les mauvais capitaines, mais la politique elle, elle recycle.
"La Réunion n'est pas une variable d'ajustement." Cette phrase m'a frappé. On pense à cette vieille logique jacobine qui traite les territoires ultramarins comme des postes de repli pour cadres en difficulté. Aimé Césaire l'avait déjà formulé autrement dans son Discours sur le colonialisme, cette manière qu'a le centre de disposer des marges comme bon lui semble. Ce n'est pas une question de parti, c'est une question de dignité institutionnelle.
J'ai eu un client hier qui bossait à la sécu, il m'a dit que tout le monde dans les couloirs était au courant de ce nom depuis des semaines. Les gens sont pas contents, lé pa fasil d'avaler ça quand on voit l'état des services ici. Apparemment même certains syndicats vont bouger.
Un bâtiment à 10 millions d'euros inutilisable, ça fait quand même réfléchir sur les procédures de réception des travaux et les contrôles internes qui auraient dû bloquer ça bien avant. Ce n'est pas qu'une question politique, c'est une question de gouvernance financière basique. J'aimerais savoir si un rapport de la Chambre régionale des comptes existe sur ce dossier guyanais.