Les 2 et 3 juillet, les services de restauration scolaire, d'entretien et de garderie seront suspendus dans toutes les écoles communales de Saint-Joseph. La municipalité l'a annoncé dans un communiqué, invoquant « des mesures prises par l'État ayant entraîné une baisse conséquente des emplois aidés (PEC) ».
Pour ces deux derniers jours de classe avant les vacances d'été, les parents devront récupérer leurs enfants à la pause méridienne, faute de restauration disponible. Les élèves pourront toutefois rejoindre leur classe l'après-midi pour suivre les cours. La Ville précise qu'une régularisation des frais de restauration scolaire sera « automatiquement effectuée » pour ces deux journées.
Saint-Joseph n'est pas un cas isolé. Plusieurs communes de La Réunion ont tiré la sonnette d'alarme ces derniers jours sur les effets de la réduction des contrats PEC, dont dépend le fonctionnement de nombreux services municipaux, notamment dans les écoles. Certaines ont déjà annoncé une réorganisation ou une dégradation de leurs services, pendant que des élus demandent à l'État de revoir les moyens alloués pour garantir la continuité du service public.


8 commentaires
@Zilo, c'est la même chose pour les petits commerces autour des écoles, on apprend les changements au dernier moment et on doit s'adapter. Moi je livre des écoles qui prennent de la viande fraîche, quand la cantine ferme sans préavis sérieux, j'ai des commandes déjà passées chez mes fournisseurs que je peux pas annuler. La filière locale elle encaisse les coups de tous les côtés.
@TataYoyo, tu mets le doigt dessus. Dans mon secteur on jongle avec ça tous les jours, les parents qui nous appellent en urgence parce que l'organisation du midi s'effondre. Deux jours de délai pour trouver une solution, c'est pas réaliste pour quelqu'un qui a un patron ou des clients à gérer.
On parle beaucoup des communes du littoral, mais Saint-Joseph c'est aussi des familles qui habitent dans les hauts, loin de tout, qui vont devoir descendre chercher leurs enfants à midi avec les routes que l'on connaît. Ces marmaille qui déjeunaient à la cantine, pour certains c'est le seul repas chaud de la journée en dehors du soir. Les PEC faisaient tourner des services essentiels, pas des postes décoratifs. Il faudrait que ceux qui coupent les budgets à Paris passent une semaine ici pour voir concrètement ce que ça représente.
La régularisation automatique des frais, c'est au moins une bonne nouvelle dans tout ça.
J'ai pris une dame hier matin qui bossait à l'école de Saint-Joseph, elle m'a dit que ça faisait semaines qu'ils savaient que les postes allaient pas être renouvelés mais que la commune attendait une réponse de l'État. Résultat, les agents apprennent leur situation au dernier moment et les familles pareil. Ce genre de situation, i fo pas attendre que ça pète pour communiquer.
Deux jours avant les vacances et on prévient comment exactement les parents ? Un communiqué municipal posté où, sur quel canal ? Parce que si c'est le site de la mairie que personne lit, c'est un peu court comme notification.
Ce qui est frappant, c'est que ce problème touche des communes très différentes en même temps, du littoral aux hauts. J'accompagne des groupes du côté de Saint-Joseph régulièrement, c'est une commune qui a déjà beaucoup de contraintes géographiques et économiques. Supprimer ces emplois aidés d'un coup, c'est fragiliser des équilibres qui tenaient souvent à peu de chose.
Les marmaille qui se retrouvent sans cantine le midi, c'est les parents qui trinquent encore une fois. On leur demande de s'arranger en deux jours, comme si tout le monde peut quitter son travail à midi facilement. Les PEC, ça fait des années que ces contrats font tourner les écoles, et là d'un coup on enlève tout, les communes sont prises à la gorge. J'espère vraiment que les élus vont se battre pour obtenir une solution durable, pas juste un replâtrage.