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Céline Sitouze, maire de Sainte-Marie : « Ces attaques m'ont servi de carburant

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Céline Sitouze, maire de Sainte-Marie : « Ces attaques m'ont servi de carburant

Femme maire à La Réunion : pour Céline Sitouze, ces attaques personnelles ont "servi de carburant" - Crédit Zinfos974 - Politique


Élue maire de Sainte-Marie avec 53,51 % des voix au second tour, Céline Sitouze fait partie des six femmes qui dirigent aujourd'hui une commune réunionnaise. Enseignante de formation, elle a passé dix-huit ans dans l'opposition avant de prendre la tête de la ville. Elle s'exprime dans le cadre d'une série consacrée aux femmes maires de l'île.

Ces dix-huit années dans l'opposition, Céline Sitouze les assume comme une formation. « Lorsque vous êtes dans l'opposition, vous êtes seul face à vos dossiers donc vous êtes obligé vous-même de travailler », explique-t-elle. C'est là qu'elle dit avoir construit sa crédibilité, multiplié les rencontres avec les habitants et bâti un projet « avec les Sainte-Mariens eux-mêmes ».

La campagne a pourtant été marquée par des épisodes violents. Parmi eux, la diffusion d'une vidéo générée par intelligence artificielle la mettant en scène. « Voir une vidéo faite par une intelligence artificielle où on vous enlève et vous emmène quelque part, et vous savez que dans l'imaginaire ce qui doit arriver ensuite c'est un viol, ça me heurte et ça m'a beaucoup blessée », dit-elle. Elle évoque aussi des remarques déplacées subies dans certaines instances politiques comme à la CINOR, ainsi que des agressions lors de campagnes précédentes.

Ces attaques ne l'ont pas détournée de la vie publique — elles ont produit l'effet inverse. « Toutes ces attaques ont servi de carburant à mon engagement », résume-t-elle. Elle a choisi de répondre systématiquement, en déposant plainte quand la situation le justifiait, convaincue que les élus ont le devoir de montrer que violences et discriminations « ne doivent jamais être banalisées ».

Cette fermeté s'étend à l'exercice quotidien de la fonction. Elle raconte avoir refusé de céder à la pression d'un groupe venu réclamer un rendez-vous immédiat à la mairie. « Je n'accepte pas ces phénomènes de domination et de pression que l'on peut exercer sur un édile, quel qu'il soit », insiste-t-elle. Sans nier sa sensibilité pour autant : « Je suis quelqu'un de très sensible et tout cela, forcément, me touche. »

Originaire du quartier de La Découverte, elle a grandi dans une famille modeste où l'implication des parents allait de soi. « Même s'ils ne comprenaient pas forcément ce que l'on étudiait, mes parents se sont toujours assurés d'être des parents », se souvient-elle. Enseignante depuis plus de vingt-cinq ans, elle place l'éducation au cœur de son mandat, aux côtés des transports scolaires, de la restauration des enfants et de l'accès à l'emploi.

Mère d'un jeune homme de 18 ans, elle dit refuser de sacrifier sa vie personnelle à ses nouvelles responsabilités. « Je me suis engagée pour améliorer le quotidien de mes concitoyens, pas pour sacrifier ma vie de famille », martèle Céline Sitouze.

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6 commentaires

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K
Kelly 21/06/2026 à 11:36

Ce qu'elle dit sur le groupe venu réclamer un rendez-vous immédiat, ça m'a parlé directement. En RH on gère ce genre de pression régulièrement, des personnes qui arrivent avec l'idée que l'urgence qu'ils ressentent doit devenir la vôtre. Tenir une posture sans être dans la fermeture, c'est un vrai travail. Le fait qu'elle l'ait nommé clairement, ça aide aussi les gens autour d'elle à comprendre que ce n'est pas acceptable.

L
Lulu 21/06/2026 à 10:27

Moi je tiens mon food truck seule depuis sept ans, et je peux vous dire que les remarques déplacées, les types qui viennent faire les malins devant le comptoir, ça j'connais. On est obligée de tenir ferme sinon ils reviennent. Ce qu'elle dit sur le groupe qui débarque à la mairie pour exiger un rendez-vous, c'est exactement le même schéma, domination ça marche pareil partout. Respect à elle d'avoir pas cédé.

B
Bichik 21/06/2026 à 09:17

Six femmes maires sur le péi. On avance, doucement.

J
Jean-Claude B. 21/06/2026 à 09:11

J'avais une cliente l'autre jour qui me disait que les femmes en politique i fo qu'elles soient deux fois plus dures pour être respectées la moitié. Je savais pas trop quoi répondre sur le moment, mais là en lisant ça, je crois qu'elle avait pas tort. Cette histoire de vidéo générée par ordinateur c'est vraiment grave quand même, et on en parle pas assez.

M
Mamie Câline 21/06/2026 à 09:06

Moi ici à Cilaos on entend pas toujours parler des femmes maires du bas, mais celle-là elle m'a touchée. Ce qu'elle dit sur ses parents, qu'ils ne comprenaient pas forcément ce qu'elle étudiait mais qu'ils ont toujours été là, ça c'est une vérité que beaucoup de familles dans les hauts connaissent bien. On donne pas avec les mots, on donne avec la présence. Bel article.

T
Tom Bib 21/06/2026 à 09:02

Ce qui me frappe dans ce portrait, c'est cette idée que l'opposition comme école du politique. Ça m'a rappelé Hannah Arendt quand elle écrit que la vie publique n'a de sens que si elle est traversée par l'épreuve réelle, pas par la seule ambition. Dix-huit ans à construire en silence, à rencontrer les gens un par un, c'est une forme de patience rare. Et cette façon de transformer la violence en carburant plutôt qu'en découragement, ça mérite qu'on s'y arrête vraiment.