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Loi sur les enfants de la Creuse adoptée à l'unanimité au Sénat

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Loi sur les enfants de la Creuse adoptée à l'unanimité au Sénat

Enfants dits de la Creuse : les réactions politiques à la suite de l'adoption de la loi historique - Crédit Zinfos974 - Politique


Le Sénat a définitivement adopté mardi soir, à l'unanimité, la proposition de loi sur la reconnaissance et la réparation des déplacements forcés de mineurs réunionnais vers l'Hexagone entre 1962 et 1984. Le texte, porté par la députée Karine Lebon, avait déjà été voté sans opposition par l'Assemblée nationale le 28 janvier. Au Sénat, il a recueilli 342 voix pour, aucune contre.

La loi prévoit la création d'une commission de reconnaissance et de réconciliation, l'instauration d'une journée nationale de commémoration fixée au 18 février, la mise en place de lieux de mémoire et une allocation de réparation destinée aux anciens mineurs concernés. Viviane Malet en était rapporteure au Sénat.

Le parti Pour La Réunion a salué « une avancée majeure dans la reconnaissance d'un des épisodes les plus douloureux de l'histoire contemporaine de La Réunion », ajoutant que « derrière les chiffres se cachent des vies brisées, des identités meurtries, des familles déchirées et des souffrances qui se transmettent encore aujourd'hui de génération en génération ».

La sénatrice Evelyne Corbière Naminzo a rendu hommage aux victimes, estimant que la loi « matérialise le devoir de mémoire que nous devons à ces enfants exilés, inscrivant ainsi leur histoire dans le récit national ». Son collègue Stéphane Fouassin a rappelé que « derrière les chiffres, il y avait des visages », et que beaucoup de victimes « continuent aujourd'hui encore à rechercher leurs origines ».

La sénatrice Audrey Bélim a replacé ce vote dans une continuité historique : douze ans après la reconnaissance par l'État de sa responsabilité morale en 2014, obtenue notamment grâce au combat d'Éricka Bareigts, alors députée, ce texte constitue selon elle « une nouvelle avancée majeure de considération et de réparation envers les victimes ».

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9 commentaires

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B
Bichik 17/06/2026 à 12:20

Douze ans après 2014, et des décennies avant ça de silence. Le péi-la a une mémoire longue à venir.

H
Hugo Saline les bains 17/06/2026 à 11:16

Comme dit Sébastien V., la vraie question c'est l'effectivité. J'ai grandi en région parisienne et je ne connaissais rien à cette histoire avant d'arriver ici. En métropole, ce chapitre n'existe pas dans les mémoires collectives, ça ne fait pas partie de ce qu'on apprend. Le fait que ça soit maintenant inscrit dans le récit national, comme dit la sénatrice, c'est peut-être là que réside le vrai changement. Reste à voir comment ça se traduit dans les programmes scolaires, dans les deux sens du territoire.

P
Pti-Louis 17/06/2026 à 10:59

342 voix pour, zéro contre. La mer aussi elle est calme certains matins, ça veut pas dire que le fond l'est.

J
Jean-Marc 17/06/2026 à 10:32

Comme dit Sébastien V., tout dépend de ce qu'on en fait concrètement. Moi je connais ça, les lois qui sortent avec de beaux discours et sur le terrain y'a rien qui change. Mais là c'est quand même différent, c'est des familles réelles, des gens du péi qui ont souffert. J'espère que l'allocation de réparation elle sera pas noyée dans six mois de paperasse administrative avant que les victimes touchent quoi que ce soit.

V
Vavangue 17/06/2026 à 09:15

Comme dit Lulu, c'est pas juste de la politique. Moi je travaille la terre tous les jours, je connais des familles à Saint-Joseph qui portent encore ce poids, des grands-parents qui ont mis des décennies à retrouver un enfant. Une journée nationale le 18 février, des lieux de mémoire, une allocation, c'est concret. La réparation ne se fait pas qu'en paroles et là on voit que non.

M
Marie 17/06/2026 à 08:18

Enfin. Ce texte était attendu depuis trop longtemps.

L
Lulu 17/06/2026 à 08:13

J'ai une cliente habituée qui vient tous les samedis, elle a retrouvé sa soeur grâce à une association y'a quelques années seulement. Des vies entières passées à chercher, lé pa fasil. Alors ce vote, pour moi c'est pas juste de la politique, c'est des vraies personnes qui peuvent enfin souffler un peu.

S
Sébastien V. 17/06/2026 à 08:07

La création d'une commission de reconnaissance et d'une journée nationale de commémoration, c'est bien, mais tout dépendra du sérieux avec lequel ces dispositifs seront mis en oeuvre concrètement. On a vu par le passé des textes symboliquement forts qui peinent à se traduire en actes tangibles pour les bénéficiaires. L'allocation de réparation mentionnée dans la loi sera le vrai test. Espérons que les décrets d'application suivront dans un délai raisonnable, contrairement à certains précédents.

Z
Zilo 17/06/2026 à 08:04

Honnêtement c'est pas mon domaine de base mais quand je vois 342 voix pour, zéro contre, même au Sénat, ça mérite qu'on s'arrête deux secondes. Surtout quand on sait combien de temps ces familles ont attendu.