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Enfants de la Creuse : le Sénat vote leur réparation à l'unanimité

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Enfants de la Creuse : le Sénat vote leur réparation à l'unanimité

Enfants de la Creuse : le Sénat adopte à l’unanimité une loi historique de réparation - Crédit Zinfos974 - Société


Le Sénat a adopté à l'unanimité, dans la nuit du 16 juin 2026, la proposition de loi relative au transfert forcé des enfants réunionnais dits de la Creuse. Portée par la députée Karine Lebon et rapportée par la sénatrice Viviane Malet, elle ouvre la voie à des mesures concrètes de réparation pour les victimes de ces déplacements, qui ont concerné 2 015 mineurs entre 1962 et 1984.

Durant cette période, des enfants réunionnais ont été arrachés à leurs familles et envoyés dans 83 départements hexagonaux, principalement ruraux, au nom d'une politique gouvernementale destinée à repeupler des territoires jugés sinistrés démographiquement. La Creuse a donné son nom à ce chapitre de l'histoire. L'État en avait reconnu la réalité sur le plan moral en 2014, sous l'impulsion notamment d'Éricka Bareigts, alors députée.

La loi du 16 juin prévoit la création d'une commission de reconnaissance et de réconciliation, l'instauration d'une journée nationale de commémoration fixée au 18 février, ainsi qu'une allocation dédiée aux anciens mineurs concernés. Elle intègre également les recommandations de la Résolution 2533 du Conseil de l'Europe, adoptée en janvier 2024, qui visent à garantir des mesures de réparation pour les victimes d'abus.

« Aujourd'hui, la République reconnaît enfin la souffrance des enfants réunionnais dits de la Creuse. Ce vote est un acte de justice, d'apaisement, de vérité et de dignité envers celles et ceux qui ont attendu cette reconnaissance pendant des décennies », a déclaré la sénatrice Viviane Malet, alors que des survivants de la Creuse participaient à une conférence de presse au Sénat.

« Cette reconnaissance de l'État marque une étape essentielle de notre reconstruction. Enfin reconnus comme victimes, nous avançons vers la réconciliation avec notre histoire, nos familles et nous-mêmes », a déclaré Marie-Germaine Périgogne, survivante et présidente de la Fédération des Enfants Déracinés des DROM ainsi que de Justice Initiative France.

La sénatrice Audrey Bélim a salué l'adoption conforme du texte, estimant qu'il « marque une nouvelle avancée majeure de considération et de réparation envers les victimes » et « poursuit le travail de vérité, de mémoire et de justice attendu depuis des décennies par les victimes et leurs familles ». Naïma Moutchou était également présente aux côtés des survivants et des représentants institutionnels lors de la conférence de presse au Sénat.

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