La Ville de Saint-Denis, l'État, les bailleurs sociaux et les acteurs associatifs ont fait le point sur le Contrat Engagement Quartiers 2030 lors d'un comité de pilotage. Ce dispositif, élaboré avec les habitants, cible l'insertion, la jeunesse, la santé et le vivre-ensemble dans les quartiers prioritaires de la commune.
Sur le terrain, les actions prennent des formes très concrètes. À Primat, un accompagnement social lutte contre l'isolement et facilite l'accès aux droits. Au Chaudron et à Moufia II, des dispositifs soutiennent les enfants en situation de handicap et leurs familles. Au Butor, des projets culturels ouvrent un espace de création pour les jeunes.
Au Bas de la Rivière, le programme EmpowerKids aborde la parentalité, le respect, la lutte contre les discriminations et le développement des compétences psychosociales. Au Bas de la rue Maréchal-Leclerc, l'opération La Débrouy Lé Gayar réunit habitants et associations autour d'activités intergénérationnelles et de solidarité de proximité.
La maire Ericka Bareigts a résumé la philosophie du dispositif : « Il faut faire avec les habitants. Il faut les entendre et s'imprégner de leur façon de construire leur quartier. C'est cette condition qui guide notre action et qui a permis de bâtir ce contrat. »
Parmi les nouveaux projets figurent des jardins nourriciers et familiaux au pied des immeubles, destinés à améliorer le cadre de vie et à créer des lieux de rencontre. La Ville souhaite aussi développer la Fabrique des solutions locales, un dispositif pour accompagner les habitants investis dans la réparation, le réemploi, l'artisanat ou le bricolage, avec l'objectif de transformer ces savoir-faire en activités génératrices d'emploi.
« On ne construit pas des vies comme on construit des bâtiments. Chaque personne a son histoire, ses difficultés, ses aspirations. Notre responsabilité est d'agir au plus près des habitants pour créer les conditions de leur épanouissement et faire vivre l'égalité réelle dans tous les quartiers », a déclaré Ericka Bareigts.


8 commentaires
La Fabrique des solutions locales, le réemploi, l'artisanat, très bien. Mais si ces activités peuvent pas exporter ensuite vers Maurice ou Madagascar, ça restera des micro-projets de quartier. À Maurice ils ont des structures qui accompagnent les petits artisans jusqu'à l'export, on devrait s'en inspirer plutôt que de réinventer la roue à chaque nouveau contrat.
Les jardins nourriciers au pied des immeubles c'est une bonne idée, mais à Saint-Denis ça reste Saint-Denis, pas Saint-Leu. Nous ici on galère à faire venir les touristes dans les restaurants après la pluie, on a d'autres préoccupations. Cela dit, si ça peut aider les familles du Chaudron à s'en sortir un peu mieux, je dis pas non, on a tous besoin que le péi-la tourne mieux.
Hier j'avais une dame dans le taxi, elle habite Moufia, elle m'a dit qu'elle avait jamais entendu parler de ce contrat avant de voir l'article. Alors les comités de pilotage c'est bien, mais les domoun sur le terrain ils sont pas toujours au courant de ce qui se décide pour eux.
J'avoue que je suis un peu loin du sujet depuis Saint-Gilles, mais les jardins nourriciers au pied des immeubles ça me parle. On essaie nous aussi de faire comprendre aux gens que leur environnement direct ça se préserve, que ce soit le lagon ou la cour de leur résidence. Ce qui m'intéresse c'est de savoir si ces jardins vont être accompagnés dans la durée ou si c'est juste une belle inauguration pour les photos.
@Pti-Louis, je te rejoins sur le fond. La Fabrique des solutions locales sonne bien sur le papier, mais j'aimerais voir les indicateurs concrets qu'ils vont suivre. Combien de personnes accompagnées, combien d'activités réellement lancées, quel taux de pérennité à 18 mois ? Sans ça, on reste dans la communication institutionnelle. La question de Maéva sur la structuration est exactement la bonne : transformer un savoir-faire en activité économique viable, ça demande un vrai appui sur la partie juridique, fiscale, et commerciale, pas juste un atelier de deux jours.
La Fabrique des solutions locales, ça m'interpelle vraiment. Transformer des savoir-faire en activités génératrices d'emploi c'est exactement ce qu'on essaie de faire nous aussi avec les cosmétiques. La question c'est : comment ils vont structurer l'accompagnement ? Parce que passer d'un talent à une vraie activité viable, ça demande du coaching business, pas juste un local et de la bonne volonté.
La Débrouy Lé Gayar, j'aime bien le nom au moins. Mais concrètement, pour les petits commerces dans les quartiers prioritaires y'a rien là-dedans ? Parce que mes clientes du Bas de la Rivière, elles achètent moins depuis quelques mois, lé pa fasil pour elles et pour moi c'est pareil. Un peu d'accompagnement pour redynamiser le tissu commercial de proximité ça aurait sa place dans ce genre de contrat non ?
Les belles paroles, ça coûte pas cher. Moi j'attends de voir ce que ça donne dans dix ans. Les contrats, les dispositifs, les comités de pilotage, on en a vu passer beaucoup. Le Chaudron c'est le Chaudron depuis longtemps.