Les représentants des manutentionnaires de CMA-T ont publié un communiqué en faveur de la création d'un Établissement Public Industriel et Commercial (EPIC) au port de Mayotte, prenant ainsi le contrepied du conseil portuaire, qui a voté lundi contre cette option en présence des Femmes leader.
Cette prise de position intervient dans un contexte tendu, après que la Cour administrative d'appel de Bordeaux a confirmé la résiliation de la Délégation de Service Public (DSP) accordée à Mayotte Channel Gateway, dirigée par Ida Nel, avec effet au 1er septembre 2026. La cour a retenu que la gestionnaire allait « à l'encontre de l'intérêt général ».
Par la voix de Madi Malidé, les manutentionnaires présentent l'EPIC comme une étape vers la constitution d'un Grand Port Maritime (GPM). « Un combat que nous avons porté haut et fort durant plusieurs années afin de garantir la paix sociale au port », indique le communiqué. Une négociation est par ailleurs en cours entre les élus et l'État sur le reversement de tout ou partie des bénéfices au Département-Région dans l'hypothèse d'un GPM.
Le texte acte une rupture avec les Femmes leader, mouvement qui avait jusqu'ici accompagné les revendications des salariés. « Nous sommes très surpris de constater la position des femmes leaders qui vont à l'encontre de nos revendications commune menées durant plusieurs années », écrivent-ils, citant notamment la porte-parole Sandati Abdou Madi. Les manutentionnaires rappellent que leur combat visait à « sauver la SMART par tous moyens et garder l'ensemble des salariés », soit 136 emplois qu'ils accusent Ida Nel d'avoir voulu supprimer pour faire bénéficier sa filiale Manu-Port de l'intégralité des manutentions.
Sur ce revirement, le communiqué reste laconique : les routes divergent « pour des raisons que nous ignorons ». « Qu'on ne vienne pas nous mettre aux dos nos mamans que nous chérissons car nous sommes des Mahorais comme elles », conclut le texte.


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