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Jean-François Sababady élu co-président du CPCS côté planteurs

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Jean-François Sababady élu co-président du CPCS côté planteurs

"Je ne serai jamais le partenaire de Tereos" : Jean-François Sababady élu co-président du CPCS - Crédit Zinfos974 - Social


Jean-François Sababady, planteur de Saint-André et président du Mouvement des Paysans Solidaires de La Réunion (MPSR), a été élu co-président du Comité paritaire interprofessionnel de la canne et du sucre (CPCS), côté planteurs, avec quatre voix. Le scrutin s'est tenu au siège du Centre technique interprofessionnel de la canne et du sucre (CTICS), à la Providence.

Le résultat ne surprend guère. Depuis la nouvelle répartition des sièges issue des élections des CMU, l'union CGPER-UPNA détenait la majorité côté planteurs, avec quatre sièges contre deux pour l'union FDSEA-JA. Des partisans des deux syndicats victorieux s'étaient rassemblés dès la matinée sur le parking de la Direction de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DEAL), en face du CTICS.

Le bureau côté planteurs comprend Sylvestre Lamoly (CGPER, Piton Saint-Leu), ancien co-président du CPCS qui avait succédé à André Minatchy en 2008, Henry Prugnières (CGPER, Le Tampon) et Mathias Benard (UPNA, Saint-Joseph). Les deux sièges FDSEA-JA reviennent à Cédric Mérault et au co-président sortant Pierre-Emmanuel Thonon, par ailleurs président de la CMU de Bois-Rouge. Côté industriel, Florent Thibault, directeur agricole de Tereos Océan Indien, a été reconduit co-président, avec Sylvie Le Maire, déléguée générale du Syndicat du sucre, au sein du bureau.

La priorité affichée par le nouveau co-président est la mise en place d'un prix plancher pour la canne, promesse de campagne de l'UPNA depuis plusieurs années. « Le montant est secondaire pour l'instant, dans six mois, dans un an, je veux un accord de principe, ce n'est pas compliqué. S'il n'y a pas de prix plancher, on ira sur le terrain, ce n'est pas un souci pour nous et si ce n'est pas le point numéro un il n'y aura pas de convention canne avec moi. Sans ce prix plancher il n'y a pas d'avenir pour la filière, c'est simple », a-t-il déclaré devant la cinquantaine de planteurs présents. La prochaine négociation de la convention canne est prévue en 2028.

Sa position vis-à-vis de l'industriel est sans détour : « Je ne serai jamais un partenaire de Tereos, moi je produis de la canne du lundi au dimanche », a-t-il affirmé. Âgé de 58 ans, il revendique un parcours façonné par les rapports de force : « À la case j'ai cinq référés et 30 000 euros d'amendes (...) J'ai traversé toutes les tempêtes, on m'a traité de terroriste en 2008, de délinquant, mais je n'en veux à personne, je suis toujours resté droit dans mes bottes et j'ai toujours travaillé pour l'intérêt général. » Il a par ailleurs été condamné dans le passé pour des dégradations de matériel sur des plateformes.

Florent Thibault, reconduit co-président côté industriel, a opté pour une tonalité plus apaisée : « Cela fait longtemps que M. Sababady est dans la filière, il a une bonne connaissance des mécanismes, l'essentiel maintenant est de se concentrer sur les sujets essentiels pour la filière, c'est-à-dire 95 % d'intérêts partagés et il restera toujours les 5 % de divergence qui ne doivent pas faire oublier que l'essentiel se construit sur les 95 % restants », a-t-il commenté.

Premier chantier annoncé par le nouveau co-président : demander un rendez-vous au Département pour régler les retards de paiement des dossiers de replantation dans la canne. Selon la CGPER, un millier de dossiers seraient en souffrance depuis 2023. Jean-Michel Moutama, président de la CGPER, a qualifié l'état de la filière de « lamentable » et réclamé un prix minimum « qui couvre nos charges sociales, nos coûts de production et permet de dégager un revenu ».

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6 commentaires

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S
Sébastien V. 15/06/2026 à 17:19

@Polo, le sujet des dossiers de replantation en souffrance illustre bien un problème structurel qu'on connaît dans les collectivités : quand les crédits de paiement ne suivent pas les autorisations d'engagement, c'est l'opérateur de terrain qui absorbe le décalage. Un millier de dossiers bloqués depuis 2023, c'est considérable pour une filière déjà sous tension. Ce que je trouve intéressant dans la démarche du nouveau co-président, c'est qu'il cible d'emblée le Département plutôt que l'industriel sur ce point précis. C'est pragmatique. La vraie question reste de savoir si les arbitrages budgétaires du Département laisseront une marge de manoeuvre suffisante dans un contexte où les demandes de toutes parts sont légitimes.

P
Pti-Louis 15/06/2026 à 16:25

Un prix plancher, des promesses, des rapports de force... à Saint-Jo on a connu pareil avec les quotas de pêche. Ça a pas trop bien fini pour les pêcheurs. J'espère que pour les planteurs ce sera différent, mais les institutions ça change pas vite.

P
Polo 15/06/2026 à 15:57

Le millier de dossiers de replantation bloqués depuis 2023, ça m'étonne pas. Dans mon domaine c'est pareil, les délais administratifs c'est une catastrophe. Un boucher qui attend ses agréments ou ses aides, il peut pas se permettre d'attendre deux ans, et un planteur non plus.

V
Vavangue 15/06/2026 à 15:29

Un planteur qui dit que sans prix plancher il n'y a pas d'avenir pour la filière, c'est exactement ce qu'on entend aussi côté apiculteurs. Nos abeilles butinent sur les fleurs de canne, les deux cultures sont liées, et si les planteurs lâchent c'est tout un équilibre qui part. Ce que j'espère c'est que cette dynamique-là dépasse le CPCS et irrigue aussi les petites productions comme la nôtre, parce que i fo pas attendre 2028 pour comprendre que la filière lé déjà à genoux.

D
David 15/06/2026 à 14:21

Honnêtement je vois pas trop le rapport avec mon activité, mais un prix plancher pour les planteurs ça voudrait dire une filière locale plus stable, et moi quand j'achors du sucre de péi pour ma cuisine c'est pas anodin.

L
Lulu 15/06/2026 à 13:02

"Je produis de la canne du lundi au dimanche", ça j'entends ! Moi mon food truck c'est pareil, pas de week-end, pas de jours fériés.