Le SMIC sera revalorisé à Mayotte au 1er juin 2026. Le taux horaire brut passera à 9,56 €, ce qui porte la rémunération mensuelle brute à 1 449,93 €, contre 1 415,05 € actuellement, soit un gain de 34,88 € brut par mois.
Cette revalorisation en cours d'année résulte d'un mécanisme automatique prévu par la loi : quand l'indice des prix à la consommation progresse d'au moins 2 % depuis la dernière revalorisation, le SMIC est relevé sans attendre le 1er janvier. Ce seuil a été franchi le 13 mai 2026.
Sur le reste du territoire, la hausse est plus forte. Le taux horaire brut grimpe de 12,02 € à 12,31 €, soit 1 867,02 € brut mensuel contre 1 823,03 € auparavant, une progression de 2,41 %. En net, le salaire mensuel passe de 1 443,11 € à 1 477,93 €, ce qui représente 34,82 € de plus par mois.
Le ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou, a qualifié cette mesure d'« importante dans un contexte économique difficile pour de nombreux Français ». Il a rappelé que le budget 2026 prévoit aussi une hausse de la prime d'activité de 50 € en moyenne par mois pour trois millions de foyers modestes, et qu'une aide aux travailleurs grands rouleurs sera accessible à partir du 27 mai prochain.


8 commentaires
Un client ce matin me disait : à Lo Tampon on se plaint du SMIC mais à Mayotte ils touchent encore 400 euros de moins que nous. J'avais pas réalisé que l'écart était aussi grand. Y'a des gens qui conduisent des taxis là-bas avec ce salaire-là, franchement ça fait réfléchir.
Il faut rappeler que l'alignement progressif du SMIC à Mayotte est encadré par une trajectoire définie depuis la départementalisation. Ce n'est pas un oubli, c'est un calendrier, ce qui ne veut pas dire que ce calendrier soit satisfaisant. La question de la convergence sociale dans les outre-mer reste un sujet sensible que les collectivités locales portent régulièrement auprès de l'État.
@Mickaëla, je comprends ton état d'esprit et je t'admire pour ça, vraiment. Mais ici dans les hauts de Salazie, quand on voit ce que les familles du cirque traversent, 34 euros ça disparaît vite. Le prix des engrais, le carburant pour descendre vendre au marché, une saison de pluies qui détruit la récolte. Pour les gens de Mayotte qui vivent avec un SMIC encore bien en dessous du nôtre, j'imagine que la réalité est encore plus dure à tenir.
Ce qui me touche dans cette actualité, c'est que derrière chaque euro supplémentaire il y a une personne qui peut souffler un peu, se projeter. Même 34 euros ça peut représenter une séance chez le médecin, un cartable pour un enfant. La progression est lente, oui, mais chaque avancée compte et mérite d'être reconnue.
Chaque revalorisation, même petite, c'est un pas dans la bonne direction pour les personnes qui travaillent dur au quotidien.
Cet écart avec le SMIC métropolitain, lé pa fasil à justifier sur le long terme. En Guyane ou en Martinique c'est aligné sur le national depuis longtemps. Mayotte fait figure d'exception dans l'exception, et ça interroge sur la vitesse réelle de l'intégration républicaine du territoire.
Ce qu'il faut comprendre ici, c'est que le mécanisme de revalorisation automatique du SMIC est déclenché par l'inflation, pas par une décision politique. Donc si le gouvernement communique là-dessus comme une avancée sociale, la réalité c'est que le pouvoir d'achat réel n'augmente pas vraiment, il essaie juste de ne pas reculer. L'écart entre Mayotte et le reste du territoire est d'ailleurs frappant : 9,56 € contre 12,31 €, soit près de 30 % de moins. Quelle est la trajectoire prévue pour aligner Mayotte sur le SMIC national et à quel horizon ?
34 euros de plus par mois c'est quoi ça franchement. Avec l'inflation sur les matières premières, les charges, le coût du fret, même ici à La Réunion on galère et les gens à Mayotte touchent encore bien moins que nous. Comment on attend que ces territoires se développent dans ces conditions ?