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NRL : filets et ancienne route, une menace écologique réelle

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NRL : filets et ancienne route, une menace écologique réelle

NRL : les filets de l’ancienne route du littoral, une bombe écologique sous-estimée - Crédit Zinfos974 - Société


L'Autorité environnementale tire la sonnette d'alarme. La mise en service progressive de la Nouvelle Route du Littoral (NRL) pose une question que le dossier actuel ne tranche pas : que faire de l'ancienne infrastructure côtière ? Déconstruction incomplète, filets de protection abandonnés, biodiversité fragilisée — les zones d'ombre restent nombreuses.

Le projet prévoit bien un démantèlement partiel : démontage de la superstructure en pied de falaise, récupération et valorisation des matériaux. Mais les sections situées derrière les futurs viaducs ne seraient pas entièrement retirées. Sans intervention, la chaussée se dégraderait « lors des cyclones », selon l'Autorité, jusqu'à former « une route déstructurée avec ses éléments de béton et de métal dispersés en désordre le long du littoral ». Ces débris pourraient atteindre les fonds marins, menacer les zones coralliennes et perturber « la navigation et les activités marines ou sous-marines ». L'Autorité est claire : « la non dépose ne saurait apporter une réponse durable ».

Autre point problématique : les filets pare-pierres fixés sur la falaise. Ils couvrent 36 hectares, auxquels s'ajoutent 38 hectares de déflecteurs. Leur retrait, pourtant logique dès lors que la route disparaît, n'est pas clairement planifié. Soumis à l'érosion et à la corrosion, ces équipements pourraient chuter de façon imprévisible. « Emmêlés avec les matériaux de la route déstructurée, ils aboutiront à un résultat inesthétique et dangereux », avertit l'Autorité. Leurs impacts environnementaux ne sont pas correctement évalués à ce stade.

La falaise concernée n'a rien d'ordinaire. Elle abrite une biodiversité qualifiée « d'un niveau mondial exceptionnel », avec des espèces comme le Puffin de Baillon ou le Phaéton à bec jaune. Les filets perturbent déjà ces équilibres : certaines espèces ne peuvent plus accéder à leurs zones de nidification, tandis que des prédateurs s'y installent. Entre 2015 et 2023, 2 632 individus de bois de paille-en-queue ont disparu. Le chantier accentue cette pression, notamment par la propagation d'espèces exotiques envahissantes, dont la dynamique s'est révélée difficile à contenir lors de la première phase de travaux.

Une mesure compensatoire existe sur le papier : la dépose sélective des filets, ciblant en priorité la ravine à Malheur. Son application reste incertaine. L'Autorité recommande de « mettre pleinement en œuvre » cette mesure et d'envisager sa généralisation. Elle demande aussi de renforcer les dispositifs de lutte contre les espèces invasives et de prolonger les interventions au-delà des marchés actuellement prévus, jugés trop limités dans le temps.

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6 commentaires

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M
Mickaëla 18/05/2026 à 08:17

@Lastron-Leïla, ce que tu soulèves me touche vraiment. On parle tellement de construire, d'avancer, de progresser, mais prendre soin de ce qu'on laisse derrière soi c'est aussi une forme de responsabilité. La nature autour de nous c'est une ressource précieuse pour notre équilibre collectif, et ces oiseaux qui disparaissent c'est un signal qu'on ne peut pas ignorer. J'espère sincèrement que les décideurs trouveront la volonté d'aller au bout de ce démantèlement.

N
Nadine Saint-Louis 18/05/2026 à 07:58

Franchement cet article parle d'un sujet que beaucoup de gens ignorent complètement. On entend surtout parler des retards et du coût de la NRL, mais ce qu'on va laisser derrière, ça personne n'en cause.

J
Jean-Marc 18/05/2026 à 07:51

Dans le BTP on sait très bien ce que ça donne quand on laisse une infrastructure se dégrader sans plan de retrait clair : au bout de deux cyclones y'a des morceaux de béton partout et c'est à refaire deux fois plus cher. J'ai vu ça sur des chantiers de voirie, la "dépose partielle" c'est souvent une façon de repousser le problème à plus tard. Ce qui m'étonne c'est qu'on parle de filets sur 36 hectares sans même avoir un calendrier de récupération planifié, ça lé pa sérieux. Qui sera responsable quand ça tombera sur un bateau de pêche ?

S
Sandrine 18/05/2026 à 07:49

L'article mentionne 36 hectares de filets auxquels s'ajoutent 38 hectares de déflecteurs, soit 74 hectares au total à gérer. Sans estimation du coût de démantèlement, il est difficile de savoir si le budget prévu dans le dossier intègre réellement cette contrainte ou si on va découvrir un surcoût une fois les travaux engagés.

L
Lastron-Leïla 18/05/2026 à 07:45

2 632 paille-en-queue disparus en 8 ans, ça fait froid dans le dos. Et le pire c'est que les filets sont toujours là alors que la route est censée changer. Le péi-la mérite vraiment mieux que ça en termes de suivi environnemental.

A
Anaëlle 18/05/2026 à 07:36

Est-ce que l'Autorité environnementale a un pouvoir contraignant sur ce type de recommandations, ou les maîtres d'ouvrage peuvent simplement ne pas les suivre ? Je me demande comment ça fonctionne concrètement en termes de gouvernance de projet.