Le dossier d'enquête publique préalable à la Déclaration d'utilité publique (DUP) du futur aéroport de Mayotte est désormais accessible. Ce document dit « dossier simplifié » se fonde sur l'article 32 de la loi n° 2025-797 du 11 août 2025 de programmation pour la refondation de Mayotte.
Le projet porte sur la construction d'un aéroport entièrement nouveau, au nord-ouest de Grande-Terre, sur les communes de M'Tsangamouji, Bandraboua et Acoua. Au cœur de l'infrastructure : une piste de 2 730 mètres, conçue pour les vols long-courriers — une capacité que l'île ne possède pas aujourd'hui.
Le périmètre dépasse la seule plateforme aéroportuaire. Le projet inclut un site d'extraction de matériaux à Mlima Mahojani, à proximité immédiate du chantier, ainsi que l'aménagement d'une voie agricole reconvertie en voie de transport pour les matériaux. Une retenue collinaire est prévue, de même que le réaménagement de la route départementale RD2 entre Dzoumogné et le carrefour de Soulou. Des zones réservées à des activités extra-aéronautiques complètent l'ensemble.
L'enquête publique est une étape réglementaire obligatoire avant toute déclaration d'utilité publique. Son ouverture marque une nouvelle étape dans l'avancement de ce chantier, présenté comme déterminant pour le désenclavement aérien de Mayotte.


6 commentaires
@Anaëlle, l'enquête publique reste théoriquement ouverte aux observations, mais l'expérience montre que le dossier dit simplifié, ça simplifie surtout les délais.
Un aéroport sur la côte nord-ouest de Grande-Terre, j'espère vraiment qu'ils ont étudié l'impact sur le lagon. Le site d'extraction à Mlima Mahojani ça m'inquiète, ce genre de chantier sur une île ça laisse des traces dans l'eau pendant des années. Le désenclavement c'est important, mais pas à n'importe quel prix.
Du long-courrier à Mayotte, ça change tout pour le fret express vers la zone océan Indien.
Une piste de 2730 mètres, un site d'extraction, une retenue collinaire, le réaménagement d'une route départementale... c'est pas un petit chantier. La vraie question c'est qui va décrocher les marchés. Parce que sur ce genre de projet d'envergure nationale, les boîtes locales se retrouvent souvent sous-traitantes au troisième rang, si elles y sont. J'espère que les TPE du BTP mahorais vont avoir leur part, sinon ça sert à kosa ce désenclavement.
Je me permets une précision : l'article 32 de la loi du 11 août 2025 cité dans le dossier s'inscrit dans un cadre dérogatoire au droit commun de l'expropriation, ce qui explique le terme de "dossier simplifié". Ce n'est pas anodin : cela accélère la procédure mais réduit certaines garanties habituelles pour les propriétaires concernés par les expropriations. Ce point mérite d'être mieux expliqué dans votre article.
Je comprends que c'est une étape réglementaire obligatoire, mais concrètement, les citoyens peuvent donner leur avis pendant l'enquête publique ou c'est juste une formalité administrative ? Je pose la question naïvement, ça m'intéresse de comprendre comment ça fonctionne vraiment.