La préfecture a mis en demeure le snack-restaurant Planch'Alizé de quitter le domaine public maritime de Saint-Paul. L'établissement a six mois pour libérer les lieux et remettre la plage en état. Cette décision met fin à une occupation jugée illégale depuis avril 2018.
Construit sans permis et exploité sans autorisation en zone rouge du plan de prévention des risques littoraux, le restaurant est contesté depuis plusieurs années. La mairie de Saint-Paul avait déjà acté son retrait lors d'un conseil municipal le 8 septembre 2022.
Le collectif SOS DPM 97.4 se félicite de l'annonce tout en dénonçant la lenteur administrative. L'association évoque « la démolition prochaine de cet établissement construit sans permis et exploité sans droit ni titre sur le domaine public maritime, en zone rouge du PPRL, depuis avril 2018 ».
« Pourquoi les services de l'État et la commune ont-ils fermé les yeux depuis 2018 sur cette situation de non-droit et d'iniquité, au mépris du bien commun et de l'intérêt général ? », interroge le collectif. Selon SOS DPM, des dizaines de courriers d'alerte ont été adressés au préfet depuis 2022.
L'association juge le délai de six mois « inacceptable » et réclame une intervention immédiate des autorités. Elle parle de « victoire amère », regrettant des années d'inaction face à une occupation illégale du littoral.


6 commentaires
Six mois de plus en zone rouge du PPRL, c'est six mois de plus sur un littoral déjà fragilisé. Moi je vois les fonds au quotidien, chaque construction illégale en bord de mer c'est du ruissellement, des matériaux, des déchets qui finissent quelque part. 2018 à 2024, ça fait long pour un secteur où les dégâts sont souvent irréversibles. La démolition c'est bien, mais qui va surveiller que la remise en état soit vraiment faite ?
Ce qui est dommage c'est que des années d'illégalité ça impacte aussi l'image du territoire, les touristes voient ça, les investisseurs aussi. Quand on essaie de vendre des produits locaux à l'international, on se bat pour montrer que La Réunion c'est sérieux, que c'est un péi structuré. Des dossiers comme celui-là, ça nuit à la crédibilité globale.
Ce qui me frappe c'est que le collectif SOS DPM parle de "victoire amère", ça dit tout. Des années à envoyer des courriers, à alerter, et on leur répond seulement maintenant. Ce péi-la a du mal à gérer ce genre de situations dans les temps, et après ça crée de la défiance envers les institutions. La comm de la préfecture sur ce dossier, j'aimerais bien la voir.
Six mois c'est long, mais bon, au moins la décision est prise !
C'est une situation qu'on retrouve un peu partout en France côtière, en Bretagne ou sur la côte vendéenne y'a eu des cas similaires de constructions en zone littorale qui ont traîné des années avant d'être régularisées ou démolies. Ce qui m'interpelle ici c'est la zone rouge du PPRL, c'est quand même pas rien en termes de risques naturels. Curieux de savoir si l'exploitant a reçu des injonctions formelles bien avant 2022 ou si vraiment l'État a regardé ailleurs.
Moi ce qui me choque, c'est qu'un gars construit sans permis sur le domaine public maritime et il faut six ans pour que ça bouge. Vous imaginez si je faisais ça sur un chantier privé, les délais d'intervention seraient tout autres. Faut arrêter avec ce deux poids deux mesures, les artisans on est contrôlés à la virgule près et là on laisse tourner un snack illégal depuis 2018.