David Lorion a été reconduit sans opposition à la présidence de la CIVIS, dans la droite ligne de Michel Fontaine. Le maire de Saint-Pierre garde ainsi le contrôle d'une intercommunalité qui affiche une tranquille continuité, mais dont plusieurs dossiers de fond pourraient bientôt bousculer les équilibres.
Philippe Fabing, directeur de l'institut Sagis, estime que « la CIVIS est l'intercommunalité où les choses se sont passées de la manière la plus fluide ». Pierrot Dupuy partage ce constat, tout en pointant une logique qui ne change pas : « Là aussi, c'est le maire de la plus grosse commune qui devient président. » Une seule inconnue avait un temps plané sur cette reconduction : Juliana M'Doihoma. La maire de Saint-Louis a rapidement renoncé à toute candidature alternative. « Elle a très vite compris que la majorité n'était pas avec elle », observe Pierrot Dupuy. Philippe Fabing tempère toutefois cette lecture, évoquant des ambitions qui pourraient s'exprimer sur d'autres terrains que le cadre communal.
La défaite de Patrice Thien-Ah-Koon au Tampon a rebattu les cartes. Elle met fin à un rapprochement qui s'esquissait entre Saint-Pierre et Le Tampon. « Les projets communs passent aujourd'hui aux oubliettes », constate Pierrot Dupuy, citant notamment le téléphérique envisagé vers la Plaine-des-Cafres. Pour Philippe Fabing, ce basculement « prive la droite du Sud d'un axe politique en construction » et ferme, au moins pour l'instant, la perspective de coopérations renforcées avec la CASUD.
L'aéroport de Pierrefonds concentre les interrogations. « Il va falloir voir si les nouvelles liaisons vont tenir dans le temps », prévient Pierrot Dupuy. L'infrastructure peine à trouver son modèle économique. Philippe Fabing confirme : « Cet équipement n'a pas trouvé de position forte », notamment dans le transport de passagers.
La mobilité reste un point noir. Entre embouteillages chroniques et transports en commun peu efficaces, la situation demeure difficile. « Les habitants râlent toujours », rapporte Pierrot Dupuy à propos des ajustements opérés sur le réseau Alternéo. Pour Philippe Fabing, le problème dépasse l'intercommunalité : « On reste sur des transports largement captifs », sans véritable alternative à la voiture. La gestion des déchets et le développement économique autour de Pierrefonds s'ajoutent à la liste. Des dossiers qui retombent en premier lieu sur les élus de proximité. « Celui vers qui les habitants se tournent d'abord, c'est le maire », rappelle Philippe Fabing.
« Il n'y a pas de surprise, on est dans la logique », résume Pierrot Dupuy. Reste que derrière cette continuité, les fragilités sont bien là. Les équilibres politiques ont bougé, les défis structurels n'ont pas disparu, et la stabilité affichée pourrait être rapidement rattrapée par les réalités du terrain.


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