Perceval Gaillard a haussé le ton à l'Assemblée nationale. Le député réunionnais a interpellé la ministre des Outre-mer sur l'avenir des sucreries de l'île, alors que le groupe Tereos envisage une ouverture de capital — une opération qui, selon lui, « déclenche un véritable séisme » à La Réunion.
L'élu dénonce une transaction menée « à l'abri des regards ». Il pointe le risque d'une cession au groupe La Martiniquaise et alerte sur les conséquences pour le territoire : « Les enjeux économiques, sociaux et politiques sont énormes ». La filière canne représente environ 15 000 emplois indirects et structure en profondeur l'histoire et l'identité réunionnaises.
« L'État ne doit pas, l'État ne peut pas rester les bras croisés », a lancé Perceval Gaillard, réclamant un soutien clair aux planteurs. Ces derniers étudient une reprise de leur outil industriel sous forme de coopérative, une piste que le député défend sans détour. « Nous voulons rester maîtres de notre destin », a-t-il martelé, estimant que « le savoir-faire, le marché, l'industrie, tout est là » et que seule « la volonté politique » ferait défaut.
La ministre des Outre-mer a tenté d'apaiser les esprits. « Nous serons vigilants », a-t-elle assuré, tout en rappelant que « la structuration de l'actionnariat est une question de stratégie d'un groupe privé ». L'État « n'est pas actionnaire » de Tereos, a-t-elle insisté, même s'il entend suivre de près l'évolution du dossier.
La réponse n'a pas convaincu. Le député a répliqué en dénonçant un double standard : le gouvernement sait intervenir pour soutenir des groupes industriels, dit-il, et devrait en faire autant pour préserver l'outil de production réunionnais. « Aidez-nous à garder nos usines », a-t-il insisté, appelant à privilégier « l'intérêt général » face aux logiques des multinationales.


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