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Outre-mer : le Sénat dresse un bilan accablant

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Outre-mer : le Sénat dresse un bilan accablant

Inégalités outre-mer : une commission sénatoriale dresse un constat "accablant"


Deux fois plus de chômage qu'en métropole, une pauvreté massive chez les enfants, un accès aux soins freiné par l'éloignement. La commission d'enquête du Sénat sur les inégalités dans les Outre-mer, lancée en février 2026, tire un bilan sans concession. Sa rapporteure, la sénatrice réunionnaise Évelyne Corbière Naminzo, l'affirme ce mardi 28 avril : « les constats d'inégalités persistantes entre l'Hexagone et les territoires ultra-marins demeurent accablants ».

Depuis le début des travaux, une quarantaine d'auditions ont été conduites. Anciens directeurs généraux des Outre-mer, chercheurs en science politique, en droit et en économie, statisticiens, présidents des CESER, Défenseure des droits, présidents d'universités et recteurs ont tous été entendus. L'enquête s'articule autour de six grandes thématiques : développement économique, santé, éducation, gouvernance publique, entre autres.

Parmi les inégalités pointées figure l'accès au numérique. « Notre commission d'enquête a permis de pointer une différence de traitement très préjudiciable aux consommateurs ultramarins : la non-application du tarif social internet », indique la sénatrice. Un problème d'autant plus lourd qu'« à l'heure de la dématérialisation, cette injustice éloigne d'autant plus nos concitoyens de l'accès à des droits essentiels ».

La jeunesse paie un prix particulièrement élevé. Les statisticiens parlent d'une « pénalité outre-mer » : à origine sociale comparable, un jeune issu des territoires ultramarins a moins de chances d'obtenir un diplôme du supérieur et d'accéder à un poste de cadre. À La Réunion, « le chômage des jeunes est en forte progression ». Aux Antilles, des élèves vivent « dans une incertitude permanente sur la continuité de la scolarité », certains devant « rejoindre leurs collèges en stop ». À Mayotte, « le droit à la scolarité est entravé par le système de rotation scolaire qui impose aux enfants d'avoir cours sur des demi-journées ».

Sur le plan sanitaire, les patients subissent « une perte de chance », liée en particulier aux difficultés de transport et à l'accès aux soins. « Pouvoir se déplacer devient la condition obligatoire pour se soigner, se former, et travailler », insiste Évelyne Corbière Naminzo. Aux Antilles, six personnes sur dix rencontrent des difficultés avec les démarches administratives.

La commission s'en prend au modèle économique lui-même. « Les économistes expliquent que les inégalités sont produites par le fondement même des structures économiques », rapporte la sénatrice. « L'extrême vie chère n'est pas conjoncturelle, elle est permanente. C'est un système qui résulte d'un modèle économique encore trop lié à l'économie de comptoir, où quelques acteurs contrôlent l'importation et la distribution, les terres et les richesses. » La commission doit remettre son rapport en juin 2026, assorti de propositions concrètes.

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