Mercredi, le deuxième conseil de la mandature à la Cirest a tourné à l'affrontement entre majorité et opposition. Deux sujets ont mis le feu aux poudres : la hausse de 48 % de l'indemnité du premier vice-président Patrice Selly et l'exclusion des « petites » communes de plusieurs instances. Les échanges ont dégénéré jusqu'à ce que Joé Bédier lance à Jean-Marie Virapoullé : « Fermez le micro et votre bouche. » L'élu lui a répondu : « Prenez un calmant. »
L'élection de la commission d'appels d'offres a tracé une première ligne de fracture. Sur 47 votants, la majorité Saint-André/Saint-Benoît a récolté 33 voix, contre 13 pour l'opposition conduite par Laurent Virapoullé — soit 8 voix de plus qu'attendu. Les « petites » communes — Bras-Panon, Salazie, Sainte-Rose, la Plaine-des-Palmistes — ont voté avec l'opposition. Résultat : aucune d'elles ne siège dans la commission. Johnny Payet, maire de la Plaine-des-Palmistes, annoncé en tête, s'est retrouvé en dernière position sur la liste de la majorité. Laurent Virapoullé salue ce « soutien inattendu » et promet de « veiller au grain ».
Le vote sur les indemnités a lui aussi provoqué des étincelles. Olivier Désiré, élu de l'opposition saint-andréenne, interroge : « Quel message envoyons-nous à la population alors que nos concitoyens luttent pour boucler leurs fins de mois ? » Patrice Selly ne recule pas : « Je m'engage à 100 %, c'est un arrêt total de ma profession d'avocat. C'est du 100 % du lundi au dimanche. » Il devrait hériter de la délégation au développement économique. Jean-Marie Virapoullé rétorque : « C'est peut-être légal mais pas moral. Il y a un fossé entre les discours et la réalité. » La délibération est adoptée avec les voix de Saint-André et Saint-Benoît, face à l'opposition et 11 abstentions.
La composition du bureau de la SPL Estival confirme la même logique. Après une suspension de séance demandée par Patrice Selly, le nouveau bureau ne compte plus aucun élu des « petites » communes. Quatre élus de Saint-Benoît et quatre de Saint-André l'occupent désormais, alors que chaque commune y était représentée dans le bureau précédent. Laurent Virapoullé demande qu'un membre de l'opposition y entre. « Plus de place », répond Joé Bédier, avant d'ajouter : « Quand j'étais dans l'opposition comme vous, on ne m'a jamais proposé un poste. »
Les quatre maires de l'Est siègent désormais en bout de table. L'apaisement promis à la Cirest n'est pas encore au rendez-vous.


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