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Cirest : l'indemnité de Patrice Selly bondit de 48 %

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Cirest : l'indemnité de Patrice Selly bondit de 48 %

"Un engagement à temps plein" : Patrice Selly assume la hausse de son indemnité à la Cirest


L'indemnité mensuelle de Patrice Selly, premier vice-président de la Cirest, va passer de 1 833 à 2 713 euros bruts, soit une hausse de 880 euros, proche de 48 %. Cette augmentation doit être entérinée ce jeudi soir lors du conseil communautaire, après plusieurs semaines de débats tendus sur les revalorisations d'indemnités dans diverses communes de l'île.

Le nouveau barème ne modifie pas le cadre fixé par le Code général des collectivités territoriales. Pour les communautés d'agglomération de 100 000 à 199 999 habitants, les plafonds restent les mêmes : 145 % de l'indice brut terminal pour le président, 66 % pour les vice-présidents. La Cirest a cependant choisi de redistribuer l'enveloppe globale, fixée à 33 089 euros mensuels pour le président et les 14 vice-présidents. Désormais, seul le premier vice-président atteint le taux maximal de 66 %, tandis que les autres vice-présidents se voient appliquer un taux de 45,69 %. Leur indemnité progresse toutefois légèrement, à 1 878 euros, grâce à la revalorisation de l'indice de la fonction publique.

Joé Bédier, président de la Cirest et maire de Saint-André, justifie cette hausse par les « délégations importantes » confiées à Patrice Selly, notamment sur les affaires économiques. « Du fait qu'il était président et qu'il maîtrise certaines choses, il aura des délégations qui sont importantes », a-t-il déclaré en marge du conseil municipal la semaine dernière. Le premier vice-président est également appelé à remplacer le président en cas d'empêchement. L'indemnité de Joé Bédier passe quant à elle de 5 640 à 5 960 euros bruts.

« Je suis engagé à temps plein dans mes fonctions de maire de Saint-Benoît, du lundi au dimanche, 365 jours par an, et je suis également engagé pleinement au sein de la Cirest », assume Patrice Selly. L'ancien président de l'intercommunalité, avocat de profession, défend une « rémunération juste » et plaide pour un « vrai statut de l'élu local ». « La majorité des élus qui s'engagent en politique pour des responsabilités au sein des collectivités mettent de côté leurs propres activités professionnelles », dit-il. « Tant que c'est dans le respect de ce que prévoit la loi, il ne devrait pas y avoir de discussions possibles. »

Jean-Marie Virapoullé, figure de l'opposition, dénonce un accord « basé sur le partage du pouvoir et du magot ». Cette différence de montant entre le premier vice-président et les autres serait, selon lui, « une première dans l'histoire de la Cirest ». « Elle marque le mépris et l'arrogance des maires de Saint-Benoît et de Saint-André pour les quatre autres communes », accuse-t-il, rappelant que Joé Bédier affirmait lors de son élection qu'il n'y avait « pas de hiérarchie entre les vice-présidents ».

Le vote de ce soir sera scruté de près. Il devrait révéler les nouvelles lignes de fracture au sein de la Cirest, après le clash avec les petites communes lors du premier conseil communautaire.

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