Monique Orphé ne mâche pas ses mots. Lors de la séance plénière du Conseil départemental du 15 avril, la conseillère d'opposition (groupe Une ambition pour le Département) a vivement critiqué la gestion de la crise du pouvoir d'achat à La Réunion. Dans son collimateur : l'enveloppe de 5 millions d'euros débloquée par la collectivité pour faire face à la flambée des prix des carburants.
« Si nous saluons l'effort, nous regrettons que ce rapport soit présenté en séance sans concertation préalable », a déclaré l'élue socialiste. Elle déplore un dispositif adopté à la hâte, alors qu'un consensus aurait pu se dégager. Surtout, Monique Orphé pointe un ciblage défaillant : « Il est regrettable que ce coup de pouce au pouvoir d'achat ne cible pas les travailleurs modestes et précaires, qui restent les grands oubliés de cette crise. »
La situation est tendue. Les prix à la pompe ont bondi de 27 % pour l'essence et de 40 % pour le gazole en un mois — une hausse brutale qui pèse lourdement sur des ménages réunionnais déjà fragilisés.
« Un coup de massue pour les Réunionnais » : l'expression dit la colère de l'élue face à la réduction drastique des moyens alloués par l'État à l'insertion. Selon Monique Orphé, les budgets ont été amputés de 80 %, mettant en péril près de 10 000 contrats PEC sur l'île. Ces emplois aidés font tourner le service public et soutiennent de nombreuses associations locales.
« 10 000 personnes qui se retrouveront sur le bord du chemin si l'État reste sur sa position », alerte la conseillère du canton n° 9 à Saint-Denis. Elle dénonce une situation « intolérable » pour des demandeurs d'emploi déjà exclus du secteur privé, qui risquent un retour massif au chômage.
Pour Monique Orphé, la solidarité ne peut se traiter « à la dernière minute ». Entre menace sur les contrats aidés et explosion des prix, l'élue réclame une action plus concertée et mieux ciblée. « J'ai défendu, avec mon groupe Une Ambition pour le Département, le pouvoir d'achat des familles réunionnaises », a-t-elle écrit après la séance. Un combat qu'elle entend poursuivre face à ce qu'elle considère comme une double peine pour les plus fragiles.


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